1959

1959

vendredi 29 mai 2015

BRM 600km à Château Thierry

Cette fois-ci, c'est dans la poche ! La série des BRM est terminée, me voici donc qualifié pour le prochain Paris-Brest-Paris Randonneurs. 
A la fin de cette belle série (3 BRM 200, 1 BRM300, 1 BRM400 et 1 BRM 600), je me rends compte que le plus difficile fut le BRM 200 de Château Thierry ! En tout cas, je remercie le club de Château Thierry d'avoir organisé tous ces brevets et plus particulièrement Pascal et les cyclos du club (Daniel et Olivier surtout) avec qui j'ai toujours autant de plaisir à rouler.
Je viens de réaliser ma pré-inscription : numéro de dossier FR-4164 (Y-aurait-il déjà 4163 pré-inscrits avant moi ?)
Mais avant cela, j'ai dû parcourir les 23 et 24 mai 600 kilomètres sur les routes de Picardie, de Champagne, de Bourgogne et d'Ile de France.
Samedi 23, 6 heures du matin, près de la gare de Château Thierry, nous sommes quinze cyclo-randonneurs à prendre le départ de cette randonnée. 
C'est un circuit que je connais pour l'avoir déjà emprunté en 2010. Cela reste un très beau souvenir de vélo avec une douzaine de cyclos sympas !

http://montour1959lasuite.blogspot.fr/2010/05/brm-600-le-recit.html

Il y a là Alain et Pascal avec qui j'ai déjà fait route sur les BRM 300 et 400, ainsi que Jean avec qui j'ai roulé lors de la Flèche Vélocio. A priori, nous devrions être 4 à rouler ensemble. Devrait s'ajouter à notre petit groupe Didier, un cycliste vosgien qui m'a contacté après avoir lu les récits de mes BRM 300 et 400.
Finalement, à part un Belge qui prend la poudre d'escampette dès le pied de la bosse de Nesles la Montagne, nous allons rouler à 14 jusqu'à la nuit ! Les plus forts (et il y avait quelques "costauds" !) adoptent un rythme raisonnable permettant à notre groupe de progresser à une allure rapide (Le vent nous pousse.) mais régulière.
L'ambiance du groupe est conviviale. Il fait beau et le parcours est plat ! Nous traversons la plaine de Champagne à vive allure pour atteindre la vallée de l'Aube, rivière que nous allons suivre jusqu'à sa source, à vive allure toujours.
Alain fait l'avion...
..et dans ce groupe, c'est un peu "Tous pour un, un pour tous." 
Voilà bien longtemps que je n'ai pas trouvé une telle ambiance sur un BRM dans un groupe de cyclos aussi nombreux, sinon sur ce même circuit en 2010.
Durant quelques kilomètres, nous empruntons le parcours du BRM 400 et comme deux semaines auparavant, le vent nous pousse ! Ici, ça grimpe un peu, un tout petit peu, et notre ami Vosgien mène le paquet.
Plutôt que de faire pointer nos cartes au bistrot de Radonvilliers, nous prolongeons de 3 km jusqu'à Port Dienville où nous faisons notre première pause.
Avec Alain et Pascal, nous nous sommes déjà arrêtés à ce bistrot voici deux semaines. Peut-être devrions-nous demander une carte de fidélité ?
Aujourd'hui, le service est un peu lent mais j'avoue que ce n'est pas pour me déplaire car j'ai un peu les grosses cuisses...
Il fait beau, la route est encore longue, alors... profitons !
Mais après environ une heure d'arrêt, nous repartons vers Montigny sur Aube où nous devons faire pointer notre carte de route. Ici, comme en 2010, point de commerce pour apposer le précieux tampon sur nos cartons. Pascal validera quand même notre passage.
Pour ma part, je profite de cet arrêt pour réserver le repas du soir dans une pizzéria à Vénarey les Laumes. Nous devrions être 13 à table (Notre compagnon de route du club de Frépillon a réservé une chambre d'hôtel à Montbard) pour partager un menu... cycliste : Tagliatelles à la bolognaises, tarte au citron ou glace et café. De quoi attaquer une nuit sur le vélo le ventre plein.

Dans un petit village après Montigny sur Aube, nous allons refaire le plein des bidons dans un cimetière, comme d'habitude. 
Puis nous reprenons notre marche en avant vers Dijon. Peu après nous rejoignons un vélo couché qui participe au même BRM que nous. Il est parti après nous et nous a doublés pendant notre arrêt à Dienville.
Ouf ! ce soir nous serons 14 à table...
La campagne est magnifique et je regrette un petit peu, un tout petit peu, de ne pas pouvoir flâner un peu plus mais il serait stupide de ne pas continuer à profiter de la compagnie d'un tel groupe de rouleurs.
 Bientôt la route devient plus vallonnée. Nous quittons la vallée de l'Aube pour passer dans la vallée de la Tille.
A Is-sur-Tille, nous effectuons notre troisième pointage. C'est la fin de l'après-midi et l'occasion de nous alimenter un peu.
Chacun profite de ce repos bien mérité...
Nous atteignons la moitié de la randonnée. 
Il manque un cyclo à l'appel. En quittant Is-sur-Tille, j'aperçois son vélo près d'une boulangerie et décide de l'attendre. Tranquillement, nous reprenons la route avec quelques minutes de retard sur le petit peloton.
Après quelques kilomètres, je vois revenir vers nous deux cyclistes qui se demandaient où j'étais passé. Quelques hectomètres plus loin, tout le groupe s'est arrêté pour nous attendre (C'est bien ça pour faire une pause pipi...). Super sympa, je confirme, l'ambiance.
J'explique quand même à chacun les raisons de ce retard : j'ai attendu Marius. Qu'il n'aille quand même pas s'imaginer que je me suis arrêté pour faire une photo ou pour négocier l'achat d'un vieux vélo...
Quelques kilomètres avant Dijon, nous prenons la direction de l'ouest, à Messigny et Vantoux. De Ventoux, point. Pourtant une longue côte, nous permet de passer à proximité de la source de la Seine pour basculer dans la vallée de l'Oze puis celle de l'Armançon avant de rejoindre la vallée de l'Yonne plus au nord avant Joigny.
La montée après Val Suzon éparpille notre petit groupe et, avec Alain et Pascal, nous fermons la marche.
Mais là encore, quand nous atteignons le point culminant de notre randonnée (569 mètres), nous nous rassemblons avant de plonger dans une belle descente. Il reste une trentaine de kilomètres pour arriver à Vénarey les Laumes, près d'Alésia. 
A 20H10, nous arrivons à la pizzéria "Sole Mio", 1 rue Vercingétorix, avec un peu d'avance.
Chacun s'affaire à préparer son matériel pour la nuit et puis nous passons à table. Pour ma part, sur les conseils de Fred, un cyclo d'Amiens, je me fais un petit massage des cuisses car j'ai vraiment l'impression qu'elles ont doublé de volume (l'expression "avoir les grosses cuisses" prend tout son sens pour moi en ce début de soirée, NB : ne pas oublié un produit de massage dans la sacoche pour les prochaines randonnées.), les compteurs affichent une moyenne de 28 Km/H environ pour 330 kilomètres parcourus (Pas le mien car il a rendu l'âme depuis le 116ème km, j'ai vraiment un problème avec ces engins...)
De la bière, de l'eau pétillante et des...
...PÂTES !
Après le repas, j'ai décidé de ne pas continuer à cette allure , quitte à me retrouver seul pour la nuit.
Les circonstances firent bien les choses... En effet, Jean tardant un peu à se mettre en route après le repas, nos compagnons s'en allèrent. 
La nuit est tombée et nous reprenons tranquillement notre chemin à deux. Quelques kilomètres plus loin, nous rejoignons Alain et Pascal qui nous attendent avec Fred, Philippe et Marius. Nos sept autres compagnons sont devant, nous ne les reverrons pas. Ainsi, la "sélection" s'est faite naturellement et pas à la "pédale".
Le rythme est moins effréné maintenant dans la fraîcheur de la nuit. Un seul incident vient perturber notre avancée : j'ai mal raccroché ma sacoche et à Montbard, Philippe me dit qu'elle est en train de se décrocher. Quand je m'arrête pour la remettre en place, je panique un peu, je m'énerve, n'arrive pas à la remettre, SCROGNEUGNEU... je crois même un instant qu'elle est cassée. Heureusement mes camarades m'aident et tout finit par rentrer dans l'ordre.
Au contrôle de Tonnerre, Jacky nous rejoint. Il a laissé filé le premier groupe et est bien content de nous retrouver. Nous allons pouvoir finir cette belle balade à 8.
Après un petit casse-croûte, nous prenons la route de Joigny où nous prévoyons de prendre un peu de repos. Pourtant après quelques kilomètres, nous décidons de dormir un peu.
Un petit centre commercial nous accueille et après avoir fait une razzia de cartons, nous nous couchons à même le sol (dur, le sol...).
Qu'elle est dure la vie des SdF cyclistes.
Certains dorment...
...d'autres pas : Merci, Jean, pour les photos. 
Un Paris-Brest-Paris, ça se mérite, non ?
Ces deux heures d'arrêt m'ont fait le plus grand bien. 
A 6 heures du matin, nous sommes à Joigny. La boulangerie vient d'ouvrir.
Nous allons pouvoir repartir vers le prochain contrôle à Pont sur Yonne mais le vent va retarder notre progression. Il va nous gêner jusqu'à La Ferté Gaucher.
Pont sur Yonne : Café pour tout le monde et dernier coup de tampon sur notre carte de route ! Il reste 120 km à parcourir sur des routes vallonnées en mauvais état.
Avant Provins, Christine, la femme de Jacky, nous rejoint et mène le train de notre groupe.
Comme en 2010, je propose un arrêt à la maison et à midi et demie, nous stoppons à La Ferté Gaucher pour manger un plat de pâtes que Laurence nous a préparé.
Nous prenons le temps de nous reposer, même s'il ne reste que 35 kilomètres. Christine et Jacky nous offrent le café chez eux à la sortie de LFG. 
 Et c'est un groupe de 10cyclos et cyclottes qui quitte notre petit village briard.
Jean.
Jacky, Fred, Christine et Philippe.
Pascal.
Alain.
Marius.
Et Laurence.
A 15H45, nous arrivons à Château Thierry. Personne ne semble exténué, à bout de force. vant de nous séparer, nous prenons le pot de l'amitié au café de la gare (à moins qu'il ne s'agisse du terminus). Chacun a en poche sa qualification pour le prochain PBP.
Ce fut vraiment une bien belle balade et j'aurai vraiment plaisir à croiser le chemin de chacun de ces 14 compagnons de route : sur la route de Brest ou de Paris, pourquoi pas ?

lundi 18 mai 2015

Anquetil à la Une de Miroir du Cyclisme ! (Première partie : 1960)

On connait ici ma revue cycliste préférée : Le Miroir du cyclisme, disparue depuis 1994... vingt ans déjà.
Après avoir rendu hommage  à Jacques Anquetil à la fin de l'année dernière, je me suis plongé une nouvelle fois dans ma collection pour retracer les dix dernières années de la carrière du champion normand.
Ainsi, comme pour Raymond Poulidor il y a quelques mois, j'ai scanné toutes les unes que la magnifique revue consacra à maitre Jacques. Et pour rompre la monotonie de cette suite de première page, j'ai également exhumé de mes vieux Miroir les dessins que Pellos consacra à Jacques Anquetil. J'ai essayé de faire un travail exhaustif mais l'erreur est humaine, n'est-ce pas ?...

En 1960, quand la revue parait pour la première fois, dans le sillage du Miroir Sprint, Jacques Anquetil est accompagné de Louison Bobet et d'Henry Anglade sur la première page du nouveau bimestriel.
Dans ce numéro 1, Pellos fait référence à la première bombe atomique française qui explosa en février 1960 en Algérie. Cette année-là, la France rejoignait le club très fermé des états possédant la bombinette...
Anquetil fait déjà partie quant à lui des Grands du cyclisme : ils sont tous là ! Tout au long de ce petit voyage vers une époque révolue, on retrouvera les mêmes protagonistes qui écrivirent quelques pages mémorables de l'histoire du vélo. D'autres à l'instar d'Anglade, Simpson et Altig entreront dans ce club fort pacifique.
Quelques mois auparavant, en juin 1959, Boris Vian était mort, il avait 39 ans. Il laissa cette petite chanson qu'il écrivit en 1954.

Boris Vian - La java des bombes atomiques... par chansonfrancaisetv


Au printemps 1960, Anquetil fait, seul cette fois, la une du Miroir N° 3. En effet, il part à la conquête du Tour d'Italie. Et la revue consacre une quinzaine de pages au Giro 1960.
C'est la revanche de celui de 1959, remporté par Charly Gaul devant Jacques Anquetil.
"Buono Giro, Signor Anquetil", c'est le titre de l'interview signée Robert Barran.
Tout de suite, Anquetil confirme que "...le Giro est mon objectif  numéro un de la saison. Pourquoi ? Tout simplement parce que je n'ai pu terminer que second l'an passé, parce que Rivière, mon grand rival, n'a pas  de Tour à son palmarès, parce qu'aucun Français ne l'a jamais gagné."
Cela avait le mérite d'être clair et... net.
La suite n'est pas mal non plus, PAS DE LANGUE DE BOIS dans la bouche de MONSIEUR ANQUETIL !
A propos de son équipe :
"...Avec Darrigade, Rostollan, Couvreur, Stolker, De Roo, Hoorelbecque, Delberghe, Pavard et Stablinski, j'ai vraiment une équipe, des équipiers. Et je n'emploie pas le mot de domestique. Mais il me faut des équipiers dont je sois sûr. Je ne veux pas de soupe à la grimace le soir à table. Voyez Graczyk par exemple. Il vaut mieux qu'il ne soit pas là. Il pense trop à lui. Il n'a peut-être pas tort, mais quand on accepte un pacte d'équipe, il vaut mieux le respecter."
Et puis, il prend franchement parti pour la formule des équipes de marques, comme au Giro d'Italie, contre les fameuses équipes nationales du tour de France.
"Il n'y a pas de comparaison. Je pars pour le Giro avec le numéro  1, des équipiers à mon service. Tandis que voyez le Tour cette année : quatorze coureurs dans l'équipe de France. C'est une ineptie. Il y aura Rivière comme leader puis Anglade, peut-être Forestier. Et peut-être moi (...)
Non, je ne suis pas du tout d'accord avec la formule."
Et à propos de sa "préparation", le franc-parler est encore de mise.
"Je vous y attendais. On vous a dit que je ne faisais pas mon métier. Je réponds : je fais mon métier à ma façon et j'estime : bien.Qu'est-ce que c'est que cette histoire de régime ? J'ai été élevé à la campagne. J'aime les crustacés, j'en mange. Les frites, j'en mange. Toutefois, je me prive de sauce. Mais le régime ! Ce qui convient à Bobet, Rivière, Darrigade ne me convient pas. Ils aiment boire le champagne après la course, moi pas. Si j'en ai envie, c'est maintenant que je le bois (Joignant le geste à la parole). J'élimine assez à l'entrainement et en course. Le régime, c'est quand je ne courrai plus que je le ferai (...)
Y-a-t-il plus sage que moi ? Laissons de côté ces questions de régime, nous verrons ça plus tard... Ce champagne est bon, n'est-ce pas ?"
Quel champion, de n'importe quel sport, oserait de tels propos aujourd'hui ? Quand dans les interviews, il est surtout question de WATTS et... de régimes. Décidément cet Anquetil mérite d'être connu.
Dans le numéro 6, et dernier numéro de cette première série du Miroir du Cyclisme, Anquetil partage la Une avec Van Looy (qui porte le maillot de champion du monde) et Graczik.
Anquetil avait remporté le Giro 1960, premier Français à le faire ! Il n'avait pas disputé le Tour de France.

Pellos présente le sommaire de ce numéro de fin d'année 1960 en forme de bilan. Le fameux livre d'or du Miroir de Cyclisme n'apparut que plus tard.
On remarque en 4ème position derrière les deux rois Anquetil et Van Looy, et le diablotin Graczik, un certain Raymond Poulidor dont on reparlera...
Il semble bien que les deux grimpeurs Gaul et Bahamontès ramèrent beaucoup en ce début des années soixante...

dimanche 10 mai 2015

BRM 400km à Château Thierry

Comme prévu, j'ai franchi hier la troisième étape qui mène à l'inscription au Paris Brest Paris 2015 : 400 kilomètres dans la journée (et une partie de la nuit).
Au départ près de la gare de Château Thierry, à 5H00 samedi matin, nous étions une quinzaine de postulants au prochain PBP, c'était plus que pour le BRM 200 et le BRM 300. Il y avait là, en plus des traditionnels cyclistes qui roulent à vélo... un vélo couché et deux tandems.
Départ dans la nuit, et bien vite notre petite troupe s'éparpille à cause de la belle bosse de Nesles la Montagne, village qui porte bien son nom !
Avec 4 cyclos avec qui j'avais déjà fait route lors du BRM 300, nous allons passer une belle journée de vélo. Je suis rassuré de ne pas faire cette randonnée tout seul.
Au lever du jour, nous sommes pratiquement arrivés à Montmirail que nous abordons en passant près des nouvelles éoliennes de L'Echelle le Franc.
Nous filons plein sud, comme lors du BRM 300, vers Esternay et Romilly sur Seine. Le vent d'ouest est déjà fort et nous savons qu'il nous fera souffrir cet après-midi.
Le premier pointage se fait au bar Le Magenta à Romilly. Nous y sommes passés voici trois semaines. Aujourd'hui nous ne continuerons pas notre route vers le sud mais prenons la direction de l'ouest vers la vallée de l'Aube et le vent nous pousse très fort !
Par contre, les routes de l'Aube sont assez inconfortables (c'est un euphémisme...). Il va falloir obliger nos élus à poser le c.. sur une selle de vélo et à rouler sur les routes qu'ils font recouvrir de revêtements de m.... ou qu'ils n'entretiennent pas, ou peu. 
En ce qui concerne le département de l'Aube, je lui donnerais, si nous étions à l'école des fans de Jacques Martin, un 3/10, et seulement parce qu'il y a des routes...
En ce qui concerne la Marne où nous avons aussi roulé ce matin et que je fréquente souvent, la situation est nettement meilleure : 7/10, soyons fous.
Mais heureusement, le vent nous pousse, nous pousse, vers le lac d'Amance où nous attend notre deuxième contrôle.
Je profite de ces moments de calme pour faire une petite photo de groupe. On reconnaîtra, de gauche à droite, Olivier et Alain qui mènent, Daniel (avec les lunettes de soleil, car en plus, il y a du soleil ! Le bonheur !) et Pascal.
L'Aube est sortie de son lit, suite aux pluies des derniers jours. 
 Et lorsque, après Ramerupt, la route de Granges sur Aube (à gauche après le pont) nous est barrée, à cause de la "ROUTE INONDEE", comme tout bon cycliste qui se respecte, nous ne prenons pas la déviation : Mauvaise pioche.
Si nous réussissons à franchir un premier "ruisseau"...
... puis un deuxième...
... au troisième nous devons faire demi-tour (C'est un vrai torrent qui coule là !) et venir nous mouiller les pieds une troisième puis une quatrième fois pour finalement suivre la déviation mise en place par la DDE !
Après avoir effectué notre deuxième pointage à Radonvilliers, chez un bistrot mutique, nous choisissons de faire notre pause déjeuner au port de Dienville où il y a quantité de restaurants et snacks au bord du lac d'Amance. La température est fraîche aussi n'y a-t-il pas beaucoup de touristes.
Après avoir avalé sandwichs, gauffres et bières, nous repartons peu avant 13 heures pour une longue étape qui doit nous mener à Saint Florentin dans l'Yonne pour une partie de manivelles face au vent, et il est violent ce bougre de vent d'ouest. Et bien sûr, je pense à Fallet qui dans son remarquable ouvrage "Le vélo" parle si bien de notre ennemi du moment :
"Je me mis en selle, reçus incontinent des rafales, des éclats de bourrasque, des tourbillons de mistral en pleine figure. J'avais mon plan. Je laissai tout d'abord le vent s'épuiser. Bernique. Il ne s'épuisa pas pour si peu. Il redoubla. Tripla. Quadrupla, etc..."
En ce qui nous concerne, il ne s'épuisa pas non plus !
Nous aurions pu chanter la chanson de Brassens (ami de Fallet) :
Si, par hasard,

Sur l'pont des Arts,
Tu crois's le vent, le vent fripon,
Prudenc', prends garde à ton jupon!
Si, par hasard,
Sur l'pont des Arts,
Tu crois's le vent, le vent maraud,
Prudent, prends garde à ton chapeau!

Les jean-foutre et les gens probes
Médis'nt du vent furibond
Qui rebrouss' les bois,
Détrouss' les toits,
Retrouss' les robes...
Des jean-foutre et des gens probes,
Le vent, je vous en réponds,

S'en soucie, et c'est justic', comm' de colin-tampon!

Si, par hasard,
Sur l'pont des Arts,
Tu crois's le vent, le vent fripon,
Prudenc', prends garde à ton jupon!
Si, par hasard,
Sur l'pont des Arts,
Tu crois's le vent, le vent maraud,
Prudent, prends garde à ton chapeau!

Bien sûr, si l'on ne se fonde
Que sur ce qui saute aux yeux,
Le vent semble une brut' raffolant de nuire à tout l'monde...
Mais une attention profonde
Prouv' que c'est chez les fâcheux
Qu'il préfèr' choisir les victim's de ses petits jeux!

Pourtant point de fâcheux dans notre petit groupe, je le garantis...
A Bar sur Seine, au kilomètre 180 environ, point d'arrêt au bistrot.
A Chaource, point de dégustation de fromage...
Pourtant ici les vaches semblent avoir des ailes, nous, non...
Un seul arrêt au cimetière de... (je ne me souviens plus) pour remplir nos gourdes d'EAU NON POTABLE !
Vers 17H00, nous arrivons enfin au terme de cette étape.
Il nous reste encore à gravir une jolie côte... 
...pour arriver sur la place du village...
... et profiter d'une boisson fraîche à la terrasse d'un vrai bistrot. Surtout ne pas oublier de faire tamponner les cartes de route !
Et nous mettons maintenant le cap au nord, vers notre prochain pointage à Provins en Seine et Marne.
Le vent nous épargnera durant ce long trajet. Il n'a pas faibli, le bougre mais il nous arrive maintenant par le côté gauche, nous poussant donc plus qu'il ne nous retarde.
La petite incursion dans l'Yonne, aux alentours de Saint Florentin, nous a permis d'apprécier la qualité du réseau routier bourguignon. Au concours de l'Eurovision, sûr que l'Yonne récolterait : "Eight points" !
Hélas, nous revenons dans le département de l'Aube et cette photo montre la qualité de la route. Ce n'est malheureusement pas la pire ! En plus le relief est depuis Saint Florentin plus vallonné. Ah! la bosse qui mène à la forêt d'Othe... Et celle qui va nous mener à la tour de Télécom de Planty, là-bas, au loin. Par moment, on a l'impression qu'elle descend cette fichue tour, mais non, elle est toujours là, comme il y a trois semaines quand nous l'avions abordé par son versant nord.
C'est une bosse un peu vicieuse, qui grimpe sans en avoir l'air tout d'abord et puis la pente s'accentue, s'accentue de plus en plus, surtout quand on a 270 kilomètres dans les guiboles, 135 bornes par jambe !
Ouf !, en haut, c'est la pause pipi, la pause casse-croûte, la pause pause...
Ensuite, il y a bien sûr une longue descente et encore un petit tape-cul avant de retrouver la plaine à Marcilly le Hayer où nous changeons de direction pour reprendre un coup de vent dans les naseaux. L'approche de la vallée de la Seine se fait tranquillement, nous la quittons par la côte de Gouaix pour arriver enfin sur le plateau de Brie.
Olivier a perdu sa voix, a mal à la tête, est fiévreux. La nuit arrive. Il nous reste quelques kilomètres pour atteindre Provins. Nous sommes tous contents de faire ici une dernier arrêt pour nous restaurer et reprendre des forces, pour nous équiper pour la nuit aussi. Et surtout ne pas oublier de faire tamponner les cartes de route !
Pour les clients du bistrot où nous sommes arrêtés, nous faisons figure de drôles d'oiseaux de nuit. 
Il nous reste environ 70 kilomètres, la nuit est là, douce, calme, étoilée. La pause a été bénéfique pour Olivier et pour nous tous d'ailleurs. Avant d'attaquer la dernière grosse côte de ce périple, je raccompagne Pascal au bistrot où il a laissé sa paire de gants. Les copains nous attendent au sommet de la bosse et nous partons pour une belle traversée nocturne de la Brie, chose que je n'avais encore jamais faite. Nous traversons la Ferté Gaucher à 23H30  environ. Dire que je pourrais m'arrêter là et me coucher dans mon lit douillet... mais non, il me faut aller rechercher la voiture sur le parking de la gare de Château Thierry et, accessoirement terminer cette belle balade. Pourtant, je sais ce qui m'attend... La route défoncée qui mène à Saint Barthélémy, une des pires de la région ! Puis la petite route qui mène  à Verdelot et qui n'a pas de marquage central ce qui fait de la longue descente sur ledit village quelque chose qui ressemble à une descente de ski sur une piste olympique par un aveugle (j'exagère, j'exagère). Ensuite, après la longue montée vers Viels Maisons, il y a la traversée de la forêt vers La Chapelle sur Chézy qui est quasiment une épreuve de cyclo-cross tant la route est mauvaise.
Et j'en finis avec mes notes aux routes des départements : 3/10 pour l'Aisne (Malgré quelques progrès ces derniers mois) et 2,5/10 pour la Seine et Marne (Personne ne dira que je suis chauvin !)
Heureusement cela se termine par la belle descente sur Chézy sur Marne et l'arrivée à 1H10 à Château Thierry.
Il ne me reste qu'à compléter nos cartes de route et la laisser dans la boîte aux lettres prévue à cet effet, saluer mes compagnons de route (Quel plaisir de rouler avec eux !). Puis je reviens à la maison en empruntant la route de notre BRM à rebours. A 1 H 50, je croise un tandem à Viels Maisons, il leur reste encore une petite heure de route. 
A 2H20, je croise un cycliste quittant la Ferté Gaucher et je lui souhaite bonne route, il en a encore pour 1H45 au moins. Il aura passé quasiment la nuit entière sur le vélo et comme la nuit précédente a été très courte : dur, dur.
Pour le dernier BRM de la saison, je reviendrai à Château Thierry dans deux semaines. Alain et Pascal devraient être là quand Olivier et Daniel iront en Bretagne à la mi-juin, dommage.
Mais ce BRM 600 est une autre histoire, pour l'instant il me faut me reposer.