1959

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lundi 27 avril 2015

BRM 300km à Château Thierry

Je viens de recevoir ma carte de route du Brevet de Randonneurs Mondiaux du dimanche 19 avril, c'est le brevet n° 166 118.
Et j'en profite pour présenter ici le récit de cette belle balade entre Picardie, Champagne, Bourgogne et Ile de France.
Départ à 4H00 du matin pour notre petit peloton de 12 cyclos dont un tandem qui "supporte" une cyclo et une cyclotte. Il y a là quelques cyclos de Château Thierry avec lesquels j'aime bien rouler : Pascal, Daniel, Olivier et Alain. Il y a là aussi Alain de Villers Cotterets que je n'ai pas vu depuis quelque temps. Une belle équipe de Fléchards ! Cette journée de vélo s'annonce plus agréable que mon précédent BRM 200 à Château Thierry !
Comme d'habitude le départ est rapide, trop rapide à mon goût...
 Au lever du jour, sur des routes que je connais bien de Montmirail à Esternay, puis d'Esternay à Romilly sur Seine, je suis un peu le régional de l'étape !
Le jour est bien là maintenant et un cheval nous fait le numéro du Tour de France : il veut faire la course avec nous !
L'image suivante est moins réjouissante : peu avant Bethon, des camions de pompiers, des gendarmes qui nous empêchent de passer... Il y a du verre sur la route, une voiture accidentée et des blessés. Il nous faut faire demi-tour. Par où passer pour retrouver notre chemin vers Romilly sur Seine ? Deux solutions s'offrent à nous : aller vers Barbonne Fayel ou vers Villenauxe la Grande. C'est cette deuxième solution que nous choisissons. Nous n'aurons même pas à aller jusqu'à Villenauxe car le GPS de Pascal nous "dégotte" une petite route qui nous permet de rejoindre Conflans sur Seine en passant par Montgenost et le vignoble de Champagne. Vive la technologie...
Après avoir traversé la Seine, notre petit groupe va pouvoir faire tamponner les cartes de routes au premier bistrot de Romilly.
Il est 7h40.
Nous filons bon train vers le département de l'Yonne et les confins de la forêt d'Othe.
Quelques belles grimpettes (Bon, ce n'est pas le Galibier quand même..), comme à proximité du village de Planty. Il nous faut grimper là-haut, (non,pas tout là-haut !) nous devons passer au pied de cette tour de télécom. Notre groupe s'éparpille et cela me donne l'occasion de faire quelques photos.



Et puis le peloton se regroupe...
Et nous repartons tous ensemble vers le deuxième lieu de pointage.
Le vent nous pousse encore quand nous arrivons à Villeneuve l'Archevêque.
Il est 9H40 et nous pointons dans un deuxième bistrot.
Après le Magenta, c'est le Sporting. Quel sera le troisième : Le Balto ? Le café du Commerce ? le Saloon ? Les paris sont ouverts.
La route est belle...
Elle est même fleurie... alors profitons d'un petit intermède musical.

C'est vraiment une belle journée de vélo... malgré le vent qui commence à nous décoiffer.
Non, non, il n'est plus dans notre dos...
A Bray sur Seine, peu avant midi, nous faisons pointer nos cartes dans un... supermarché et nous en profitons pour nous restaurer rapidement. Pascal doit aussi réparer une crevaison, crevaison survenue au bon moment en somme.
A la sortie de Bray, nous franchissons à nouveau la Seine et prenons la route de la Marne à travers le département 77. Et là nous savons que nous allons prendre le vent de travers, et défavorable. Les longues lignes droites ventées nous ralentissent un peu. Il y a de la circulation automobile aussi ne pouvons-nous pas monter un grand éventail comme savent le faire les coureurs du Tour de France, et nous aussi. Malgré tout nous arrivons à nous protéger un peu du vent en nous regroupant en deux ou trois petits éventails. Pascal mène le train, et quel bon train ! la plupart du temps dans cette partie, la plus difficile de la randonnée.
Quand nous arrivons au silo d'Amillis et que nous tournons à droite, c'est un gros soulagement de retrouver le vent arrière !
Après une pause-pipi avant Mouroux, nous retrouvons ce maudit vent debout jusqu'à Pierrelevée mais nous approchons du but.
En effet, au bas de la longue descente qui arrive, nous allons atteindre la vallée de la Marne.
De la Seine à la Marne, nous venons de traverser la Brie sans... abri.

A la Ferté sous Jouarre, dernier pointage de la journée, point de Balto... nous faisons tamponner nos cartes au Kebab Sibel. Il reste une quarantaine de kilomètres que nous parcourons tranquillement le long de la vallée de la Marne. 
Nous rentrons à Château Thierry vers 17H30. Je viens de faire la moitié du chemin vers l'inscription au Pari Brest Paris Randonneurs. Plus que deux BRM et je pourrai m'inscrire : un BRM de 400 kilomètres et un de 600 kilomètres. Je les ferai à nouveau avec le club Château Thierry et j'espère que cela se passera aussi bien que ce BRM 300 !

dimanche 19 avril 2015

Flèche Vélocio 2015

C'était il y a deux semaines, déjà, mais voici, avec quelques jours de retard, le récit de ma Flèche 2015. 
Je devrais dire de notre Flèche car c'est une épreuve qui se court en équipe. Cette année, nous étions 4 Acépistes (Et oui, les membres de l'Audax Club Parisien se nomment les Acépistes.) à prendre le départ au sud de Dijon, le samedi 4 avril 2015 à 8H00.
Nous nous étions donnés rendez-vous le vendredi soir à l'hôtel Campanile de Dijon sud. Après une journée de dur labeur, je pris la route de Dijon sous la pluie mais... en voiture, merci Laurence. Ainsi dès le petit matin et après un copieux petit déjeuner, nous étions à pied d'oeuvre.
Cette année, je faisais équipe avec...
Yves, qui commence à être un de mes vieux compagnon de route. C'est la troisième Flèche que je parcours avec lui.
Luc qui nous accompagnait déjà en 2014. Grand rouleur et spécialiste du GPS, il arrive toujours à trouver les petites rues qui permettent de traverser une ville sans être trop gêné par la circulation.
Et enfin Jean, un petit nouveau dans notre équipe qui a plusieurs Flèches à son actif.
Le parcours tracé cette année était moins accidenté que les deux précédents et j'avoue craindre un peu les grandes routes que nous devons emprunter.
Sous le ciel gris et bas, et sous un crachin presque breton, le paysage ne nous incite pas au tourisme malgré les noms des villes et des villages que nous traversons : Nuits saint Georges, Beaune, Vougeot, Meursault...
Le vignoble est triste... Il nous donnerait presque envie de mettre de l'eau dans notre vin... Sacrilège !
Nous sommes sur l'ancienne Nationale 6 et ça roule fort, un peu trop pour moi, comme d'habitude en début de randonnée. Les relais sont appuyés et le vent légèrement favorable, alors roule, camarade !
Je prends quand même le temps de ce petit hommage à Nicéphore Niepce, l'inventeur de la photographie, qui naquit à Chalon sur Saône en 1765. 
Chalon sur Saône, donc et déjà 65 km parcourus. Première ville traversée sans encombre grâce au GPS de Luc. Et nous continuons sur la N6, qui s'appelle aujourd'hui D906 mais qui reste malgré tout fort encombrée de voitures et de camions.
A quelques kilomètres de Tournus, nous quittons cette grande route pour une voie verte : la voie bleue qui suit le cours de la Saône.
J'avoue que j'apprécie la parenthèse car aussitôt la vitesse baisse ce qui me fait le plus grand bien. Yves et Jean apprécient moins, le revêtement est nettement moins bon, la voie verte ressemble par endroit à un chemin et bien vite nous reprenons cette bonne vieille Nationale 6 pour arriver à notre premier point de contrôle : 
Macon.
Il est à peine 13H00, nous avons un peu d'avance sur l'horaire prévu.
Arrêt à la première boulangerie qui se présente et nous prenons (Tiens, ça me rappelle le Tour de Foot de l'été dernier...) une "Formule" : sandwich, dessert et boisson ! Yves et Jean choisissent de manger plus léger.
Malheureusement, ils ne servent pas de café dans cette boulangerie, aussi faisons-nous un nouvel arrêt à la sortie de Macon dans un bistrot PMU où les chevaux intéressent plus les clients turfistes que les quatre cyclistes que nous sommes...
C'est sans doute la deuxième anicroche de cette Flèche (après la voie verte) : le temps passe vite et ne se rattrape pas facilement.
Malgré tout, grâce au vent mais aussi à notre bon coup de pédale, nous conservons un bon rythme  jusqu'à la proximité de Lyon.  Nous continuons à suivre la Saône, le temps est toujours gris et  j'appréhende un peu de traverser la grande ville.
A Neuville sur Saône, nous traversons la rivière pour suivre la rive gauche qui devrait nous mener tranquillement vers la capitale des Gaules.
Jean nous apprend que le pont de Neuville est un des  premier pont en béton armé construit entre 1931 et 1934.
A l'approche de Lyon, la circulation se fait plus dense mais nous hésitons à rouler sur les bandes cyclables qui ne sont guère rassurantes car tracées sur des trottoirs, serpentant entre des "chicanes" improbables" et par endroit encombrées de piétons. Le genre d'aménagements urbains qui n'emporte pas notre adhésion... Et bien sûr, c'est ici que nous aurons notre seul accrochage avec une automobiliste qui veut jouer la "justicière" (Zorrote serait Lyonnaise ?) en nous envoyant sur la "piste cyclable" ( non obligatoire au demeurant) voire, pourquoi pas sur la Saône. Pour notre part, nous l'envoyons... au diable !
Enfin, nous arrivons dans la grande ville...
...que nous traversons fort tranquillement.
La circulation est modérée et nous pouvons rouler par moment dans les couloirs de bus.
Bientôt nous allons revenir sur la rive droite pour suivre le Rhône. Pourtant nous nous ferons une petite frayeur, et une seule, près de l'aquarium quand nous ratons la route à gauche qui doit nous mener en Provence. Je suis en dernière position et réussis à  éviter de justesse mes compagnons de route qui frôlent la chute collective, s'étant rendus compte de leur erreur. Continuant mon chemin, pris dans le flot de la circulation, je fais demi-tour face à l'aquarium et aperçois en contrebas mes camarades qui roulent le long du Rhône. Ouf, plus de peur que de mal : la Flèche continue.
A Givors, les compteurs affichent 220 kilomètres et nous nous ravitaillons.

Encore une fois, nous franchissons un pont et nous voilà sur la rive gauche du Rhône. C'est la fin de la journée, la circulation est dense. A Péage de Roussillon, nous sommes environ à mi-parcours. Notre road-book prévoit que nous devons nous arrêter ici pour le repas du soir. Nous sommes un peu en avance sur notre planning et notre prochain contrôle, prévu à Tain l'Hermitage, est à une quarantaine de kilomètres. Pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups et faire un seul arrêt ? Nous continuons donc... après quelques palabres. Finalement, aux environs de Saint Vallier, nous nous arrêtons dans un petit restaurant. Le service est rapide et après 45 minutes de pause, nous pouvons nous préparer à passer une nuit sur le vélo et sous.. la pluie ! qui a fait son apparition, la sournoise, durant notre repas.
Et c'est trempés, mouillés, rincés que nous faisons pointés nos cartes dans un bistrot de Tain l'Hermitage. Sans doute aurions-nous dû prévoir le pointage à Péage de Roussillon : le temps est décidément le bien le plus précieux pour les Fléchards !
Surtout que quelques kilomètres après la sortie de Tain, nous devons nous arrêter à nouveau : la sacoche de guidon de Jean menace de se décrocher.
A peine sommes-nous repartis qu'Yves nous annonce une crevaison de sa roue avant ! Notre "avance" a fondu... 
La pluie continue mais le vent nous pousse, de plus en plus fort ! Puis la lune apparaît, enfin. Une grosse et belle lune. Nous allons sécher.
A Viviers (KM 368), vers 1H30, Luc va faire pointer nos cartes de routes dans un restaurant encore ouvert. Petite pause pour boire et manger... sauf pour Luc qui est pris de vomissements. Courageusement, il repart mais ne peut plus rien avaler.
Le mistral est violent maintenant. Dès que nous le prenons de travers, nous avons du mal à tenir nos machine. Et nous roulons dans la nuit...
A 4H00, nous atteignons le quatrième point de contrôle, Luc est épuisé. Pour lui, l'aventure va s'arrêter ici dans ce village où nous avions terminé notre Flèche 2014. Grelottant, déshydraté, nous essayons de le réconforter, de le réchauffer. Yves appelle les pompiers qui le conduiront à l'hôpital de Carpentras (Reposé et réhydraté, il nous a rejoint dès le dimanche midi à Manosque). Plus de peur que de mal.
Après avoir laissé le vélo de Luc à la garde de M. Roux (prononcez "ROUXE"), le sympathique cantonnier du village qui nettoyait la place de si bon matin avant le marché dominical, nous continuons notre chemin à trois, mais le coeur n'y est plus complètement.

Au pointage de la 22ème heure, nous sommes à Coustelet au kilomètre 460. Il nous reste deux heures pour atteindre les 500 kilomètres que nous aimerions bien franchir cette année. Avec le vent dans le dos et malgré une route plus accidentée, c'est réalisable.
Pourtant à Apt, Jean nous demande de nous arrêter pour prendre le petit déjeuner. C'est son tour d'avoir un coup de moins bien, selon ses termes : "A Apt, j'étais complètement "déchenillé". 
Il se refait un peu la cerise et nous repartons.  
Nous empruntons même un moment une superbe voie verte qui suit le parcours d'une ancienne voie de chemin de fer.
Après 24 heures de route depuis Dijon, nous arrivons au hameau de la Bégude à 8H00. Nous venons de parcourir 495 kilomètres.  Mais c'est à Céreste, au KM 501 que nous validons notre Flèche 2015.
A Forcalquier, mission accomplie, Jean et Yves choisissent  de gagner Lurs, lieu de la concentration Pâques en Provence, en voiture.
Pour ma part, ne restant qu'une dizaine de kilomètres, je décide de terminer, sous le soleil de Provence, cette randonnée à vélo.
Finissant même par une "terrible" côte (mais après 500 kilomètres, quelle côte ne serait pas TERRIBLE ?) que je monte laborieusement sur mon nouveau braquet de 30x30...
A Lurs, je vais rendre ma carte de route à la permanence de l'ACP.
Et puis, après m'être changé (Bon dieu, j'aurais bien pris un bon bain...)...






...je fais un peu de tourisme dans ce joli village provençal.
J'en profite également pour retrouver mes amis des Compagnons des randonnées permanentes, Mado et Michel, toujours fidèles à ce rendez-vous pascal.
Je croise aussi des cyclos de Château Thierry qui ont parcouru près de 700 kilomètres en 24 h !... et d'autres, comme l'ami Gérald qui en a fait moins.
En début d'après-midi, je reprends la route pour rejoindre Manosque où je dois retrouver les Acépistes présents à ces Pâques en Provence 2015.
Je commence à avoir envie de dormir...
Photo Mado & Michel
Heureusement la route est belle.
Et fleurie !
Par contre la ville de Manosque est un peu décevante.
Pourtant l'Hôtel François 1er qui nous loge est fort accueillant et confortable. Et si, en ce milieu d'après-midi, je n'ai nullement faim, je réussis à faire une grosse sieste après une bonne douche.
Le soir, je retrouve mes équipiers de la Flèche (Luc est bien sorti de l'hôpital.) ainsi que les licenciés de l'ACP autour d'un bon repas...
... et le lundi de Pâques, après une bonne nuit de sommeil, il me faut déjà repartir vers la Seine et Marne. Catherine et Jean m'y conduiront en début de soirée. Qu'ils soient ici encore remerciés ! Ainsi d'ailleurs que Luc et Yves. 
J'ai bien envie de remettre ça en 2016, mais ce sera une autre histoire...