1959

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mercredi 30 avril 2014

Flèche Vélocio 2014

Je dédie ce message à mes trois compagnons de Flèche : Yves, Thierry et Luc. Avec toute mon amitié.
Je devrais commencer par un traditionnel : "Après une bonne nuit de sommeil..." Et bien, non !
Avez-vous essayé de dormir quand un insomniaque fait les 100 pas dans la chambre au-dessus de la vôtre ? C'est ce qui m'est arrivé, mais aussi à mes deux collègues Fléchards qui occupaient une chambre voisine. 
Un, deux, trois, quatre, demi-tour...
Un, deux, trois, quatre, demi-tour...
Un, deux, trois, quatre, demi-tour...
...
De temps en temps, le pas s'accélérait... se ralentissait... s'arrêtait, peut-être... mais cela finissait toujours par recommencer :
Un, deux, trois, quatre, demi-tour...
Un, deux, trois, quatre, demi-tour...
J'ai quand même réussi à dormir, mais ces pas, là-haut... Enervant... Il va finir par passer à travers le plancher ! Et même pas un balai pour taper au plafond : "Boum, boum ! C'est bientôt fini le défilé ?" 
Je lui aurais presque prêté mon vélo, au gars, pour qu'il aille se promener un petit peu dans les rues du Vesoul nocturne ! et même au-delà...
Au petit matin, enfin, un des moments que je préfère lors de mes voyages à vélo : le p'tit déj' ! On connait ici mon goût pour cet exercice culinaire...
Et bien, même ça, ce fut un peu raté... A cause, non pas d'un marcheur maniaque, non, mais d'un car de touristes asiatiques qui avaient envahi le restaurant et prenaient, eux aussi, normal, hein... leur petit-déjeuner. Imaginez 50 personnes, et leurs bagages, dans un petit restaurant, ce n'est pas grand un restaurant IBIS, même à Vierzon...
Et puis, à 7h30, le bus s'en est allé, et ses touristes aussi, vers Vierzon ou Honfleur ou le port d'Amsterdam ou Knokke le Zoute, sur les pas du Grand Jacques ? Qui sait ?
OUF ! Petit instant de calme, devant un café noir, quelques croissants... Ils en ont laissé aux pauvres cyclistes, les touristes.
Et à 7H45, Yves nous ayant rejoint (Il a passé une bonne nuit, lui, n'ayant pas dormi à l'hôtel de Vesoul... Veinard !), nous pouvons prendre le chemin de la gare.
Thierry vérifie le contenu de sa sacoche de guidon. Luc fait les derniers réglages de son GPS ?
Quant à moi, je m'autoportaite afin que l'équipe au complet figure ici, quel pro du reportage sportif...
Il nous reste 10 minutes avant le départ  notre Flèche Vélocio 2014 qui doit démarrer à 8H00 de la gare de Vesoul.
Le temps de nous tirer une nouvelle photo-souvenir...
Deux photos souvenir...
A 8H00, quatre Acépistes prennent enfin le départ, non sans avoir enfilé au préalable leurs vêtements de pluie car un crachin typiquement breton de Vesoul tombe sur la cité franc-comtoise.
Après une sortie de ville assez pénible : Ah ! ces pistes cyclables qui vous font emprunter des tunnels qui passent sous de grandes avenues, quelle riche idée. Mais les lacets de l'Alpe d'Huez pour descendre vers ces tunnels à vélo, ce n'est pas franchement le top.
Ensuite, Yves, le régional de l'étape nous met sur la route de la Flèche de... 2011. Erreur d'aiguillage. Il n'a peut-être pas si bien dormi que ça l'ami Yves.
Heureusement, le GPS de Luc nous remet sur le droit chemin. Ce qui nous permet de découvrir le joli village de Noidans lès Vesoul.
Mais pour rejoindre l'itinéraire de notre flèche (la D474), il nous faut emprunter une petite route qui débute par un panneau "Interdit à tout véhicule - Chemin rural". Ouh la la ! Où est-ce qu'on va ? Et en plus elle grimpe cette route ! Et pendant 1 km au moins. 
Notre petit groupe éclate. Chacun à son rythme, nous gravissons la première côte de notre Flèche. Heureusement, j'ai mis mon petit plateau de 30 dents... Mais quelle entrée en matière. Manquerait plus que ce soit une impasse... mais non ! Le GPS nous a bien remis sur le bon chemin. Nous trouvons enfin la D474 ! 
C'est une belle route, malheureusement à forte circulation. Rapidement nous trouvons un bon rythme et nous avançons notre bonhomme de chemin : "Dis, c'est loin la Provence ?"
Bien vite, la pluie cesse et le vent devient favorable. Un coup de frein est même parfois nécessaire pour ne pas être photographiés par la maréchaussée (Non, je rigole...).

 A l'occasion de notre première pause-pipi, nous pouvons même quitter nos tenues de pluie.
Et ainsi, toute la matinée, nous roulons, enchaînant les relais, chacun notre tour, et la moyenne grimpe aux compteurs : 22KM/H, 24KM/H, 26KM/H ? A ce rythme, nous arriverons à Marseille avant la nuit !
A Pesmes, km61, nous traversons une petite rivière qui s'appelle l'Ognon, et c'est vrai qu'en ce qui nous concerne : "L'Ognon fait la force." (C'est trop facile mais je n'y résiste pas.)
A partir d'Auxonne (km78), nous allons suivre la vallée de la Saône.
Grande et belle rivière que nous quitterons aux environs de Seurre (km 115), nous avons depuis longtemps quitté la Franche-Comté pour la Bourgogne. 
Seurre me rappelle le Tour de France 1959. En effet, l'avant-dernière étape de ce Tour partait de cette ville pour rejoindre Dijon, en un contre-la-montre individuel que gagna Roger Rivière. Je croiserai à nouveau la route de ce coureur quelques jours plus tard. Mais c'est une autre histoire, pour l'instant, je constate, en voyant à l'entrée de Seurre claquer au vent les drapeaux publicitaires d'une concession automobile, que la bise, la brise nous est toujours favorable et qu'elle est de plus en plus forte... Quelle belle Flèche Vélocio !
Nous arrivons à Mervans (et son clocher tors) (KM 133), lieu de notre premier pointage vers 13H40. Nous avons plus d'une demi-heure d'avance sur l'horaire prévu.
Nous faisons tamponner nos cartes de route et profitons de cette pause pour nous restaurer. Luc avait repéré ce petit bistrot, belle organisation pour une équipe qui fait sa Flèche sans assistance automobile ! Donc, arrêt de 40 minutes dans un bar où nous mangeons, qui un croque-monsieur, qui un gros sandwich. On se détend les muscles, on boit un Coca ou un demi, on bavarde. Du cyclotourisme, quoi.
Avant de reprendre la route la patronne du bar nous menace : "La pluie arrive..." Erreur : pas de pluie ! Et toujours un fort vent de nord-est qui nous pousse, qui nous pousse..........
Et tout au long de l'après-midi nous pédalons, seulement distraits par quelque village dont le nom nous parle quelque peu.
En milieu d'après-midi, nous quittons la Bourgogne pour la région Rhône-Alpes. La traversée de Bourg-en-Bresse, seule ville d'importance sur notre itinéraire, se fait tranquillement : il nous suffit de suivre Luc et son GPS.
Et ici, si nous avions eu quelques velléités de prendre le train, IMPOSSIBLE, le GPS nous fait tourner à gauche !
Vers 19H00, nous arrivons à Loyettes (KM 255) pour notre deuxième contrôle. Nous avons une bonne heure d'avance sur l'horaire prévu, notre moyenne générale est supérieure à 25KM/H. Coups de tampon sur les cartes de route, dégustation rapide d'une petite viennoiserie ou d'une pâtisserie (pour les plus gourmands...)et... merci madame la boulangère :
" Vous venez d'où ?
- De Vesoul.
- Vous allez où ?
- Près d'Avignon.
- Vous dormez où ?
- Nous ne dormons pas, madame.
- Vous arrivez quand à Avignon ? Dimanche ou lundi ?
- Demain matin, madame..."
Nous a-t-elle crus la boulangère de Loyettes ?
Et puis, après avoir regardé passer une autre équipe de Fléchards, nous reprenons notre petit bonhomme de chemin.
C'est ici que nous traversons le Rhône et que nous commençons le contournement de Lyon.
Lorsqu'il avait tracé le parcours, Yves craignait ce tronçon qu'il voulait absolument passer avant la nuit, ce qui explique notre départ matinal. Mais ici encore, le GPS nous montre son efficacité.
A 21H10, la nuit arrivant, nous pouvons nous mettre à table au "Bistrot de Morgane" (cette photo n'est pas de moi...), à Eysin-Pinet, encore une bonne petite table repérée par Luc. Nous avons plus de 300 km dans les jambes.
Nous y prenons le temps d'un bon repas chaud. Le service est efficace, la cuisine est bonne et le vin réchauffe le corps...
Nous ne sommes pas pressés de repartir, nous devrions sans doute, nous faisons une Flèche Vélocio quand même. Et il ne devait pas traîner au bistrot le père Vélocio !...
Et c'est ainsi que nous avons "mangé", en plus d'un bon hachis parmentier, l'avance que nous avions engrangée tout au long de la journée ! Tant pis, ou tant mieux ? 
Peu après 22H30, quand nous reprenons nos montures, équipés pour la nuit, nous savons qu'une longue nuit de vélo nous attend : La traversée de la Drôme, joli département dont nous ne verrons rien mais dont les côtes nous ferons mal aux cuisses.
Et déjà, dès le départ d'Eysin-Pinet la pente est rude : difficile la digestion ! 
De vraies montagnes russes comme le montre le profil de la partie nocturne de notre Flèche.
130 km environ, d'Eysin-Pinet à Grignan, pour une dénivellation de plus de 1200 m, ce n'est pas excessif, mais après une journée de vélo, on peut rêver relief plus doux, non?
Nous traversons le village du facteur Cheval, Hauterives, sans rien voir de son palais.
Vers 2H00 du matin, nous sommes à notre troisième point de contrôle, Chabeuil (KM 375). Nous y postons une petite carte à Michèle qui contrôle le déroulement des Flèches Vélocio pour l'Audax Club Parisien, afin d'attester notre passage ici. 
Puis nous reprenons notre route pour Crest que nous choisissons de contourner par sa rocade. Mauvaise pioche ! Dans la nuit froide, notre GPS s'affole, perd toute trace de notre itinéraire... Instant de répit pour moi qu'une petite crampe à la cuisse gauche indispose. Puis enfin, nous nous lançons sur une petite route, à la sortie d'un rond-point, ça descend... Devant moi, Yves pousse un juron, il a failli tomber. Sous mon phare avant, la route se transforme en chemin. Il nous faut mettre pied à terre pour continuer ce qui ressemble à un cyclo-cross, à presque 3H00 du matin... 100 m à pied, 200 m à pied, plus ? Je ne sais.
Quand nous arrivons à une petite route goudronnée, nous remontons sur nos vélos. Nous sommes sur la D26, nous devrions être sur la D6. Mais le GPS nous indique la bonne direction et après avoir rempli nos bidons à une fraîche fontaine, nous rejoignons, enfin, la route promise pour traverser dans la nuit Puy Saint Martin avant d'arriver à La Bégude de Mazenc où s'était terminée notre Flèche 2011.
La dernière bosse de notre Flèche 2014 est là, à la sortie de la Bégude. On la voit bien sur le profil ci-dessus. La route est rugueuse, la pente est rude. Heureusement le mistral nous pousse, sauf dans certains virages où il nous prend par le travers. Yves mène notre petit groupe. 10 mètres, 20 mètres, 50 mètres devant. Plus sans doute maintenant car je ne vois plus son feu arrière qui me servait de repère. Il est fort, l'ami Yves. Il s'est envolé dans cette difficile ascension... Un peu plus loin, l'ayant rattrapé, je me rend compte que son feu arrière a rendu l'âme...
A Grignan (KM 445), pour notre 22ème heure de vélo, nous postons une deuxième carte et prenons cette photo dans une bonne odeur de pain frais. Nous pensons déjà au petit déjeuner que nous allons déguster dans deux heures !
Maintenant le terrain est plat, le jour se lève sur le Mont Ventoux, que nous n'escaladerons pas aujourd'hui, non merci, sans façon... Le mistral toujours plus fort nous pousse : "Vive le vent, vive le vent !"
Peu avant huit heures, nous approchons de Sarrians (KM 491,5), le but que nous nous étions fixés pour cette Flèche Vélocio. Thierry pense de plus en plus à un bon petit déjeuner.
Luc aimerait bien trouver un lit bien doux...
Yves pense qu'il reste encore une trentaine de kilomètres après la fin officielle de notre Flèche pour rejoindre notre hôtel à Saumane de Vaucluse.
Nous aurions aimé franchir le cap des 500 kilomètres mais nous sommes tous les quatre contents, je crois, de cette belle randonnée.
 Au bar du casino, à Sarrians, nous prenons enfin notre petit déjeuner et faisons tamponner nos cartes de route. Le bar est très animé. Un cyclotouriste local nous raconte ses sorties avec les copains et son rêve de se rendre à la randonnée "Anjou vintage" sur son beau vélo Mercier des années 70. Notre rêve à nous, c'est de dormir et de faire de beaux rêves justement.
Mais pour cela, il nous faut encore pédaler vers Saumane de Vaucluse, joli village perché où doit se dérouler le dimanche de Pâques la concentration "Pâques en Provence" et où se trouve, croyons-nous, notre hôtel...
Mais celui-ci est en réalité situé au pied de cette dernière bosse que nous avons escaladé pour rien. Quand on aime, on ne compte pas... les kilomètres ni les bosses.
Pour finir, il me faut remercier mes trois compagnons de route sans lesquels cette très agréable aventure n'eût pas été possible. 
Nous avons fait un beau voyage.
Un grand merci aussi à Michèle qui consacre beaucoup de temps et d'énergie à l'organisation de ces Flèches Vélocio.

lundi 28 avril 2014

Revoir Vesoul... (2)

Jeudi 17 avril

Après une bonne nuit de sommeil et un copieux petit déjeuner (surtout ne pas changer les bonnes habitudes !), je reprends la route. Je décide de changer mes plans pour rejoindre Langres et la source de la Marne. En effet, initialement j'avais prévu de suivre la fameuse voie verte que j'ai quittée hier. Je choisis un autre itinéraire par la petite vallée de la Suize.
Bonne pioche !
La route est belle, les paysages sont champêtres, la vie est belle.
Vive la Suize !
Il n'y a pas de voitures, je peux prendre le temps de musarder, de rouler le nez en l'air et de photographier quelques arbres comme je les aime.



Au fil de la route, je me demande si, plutôt que de créer des voies vertes (hors de prix, bien sûr...) et que l'on a du mal à entretenir, il ne serait pas préférable de baliser de petites routes, tranquilles, peinardes, calmes, pour créer des liaisons cyclistes douces (pour employer un terme à la mode).
Bien sûr, de temps en temps, il serait nécessaire de grimper, de "lever le cul" de sa selle...
Mais de toute façon, pour visiter Langres pas moyen de faire autrement que de remettre le 30 dents !
Car la cité médiévale de Langres se mérite !
Je vais faire ma première pause de la journée ici, dans la cité de...
Diderot.


Cartes postales de... Langres.

Puis, après cette pause touristique, je décide de rejoindre la source de la Marne.

"La source est située sur la commune de Balesmes, joli village sous lequel passe aussi le canal par l'intermédiaire d'un autre tunnel de quatre kilomètres qui a ébranlé l'église, laquelle est fermée depuis des lustres à cause de fondations devenues trop fragiles. 
La source est fort bien indiquée quand on est automobiliste, impossible à repérer quand on circule à pied. Je l'ai ratée plusieurs fois."
JP Kauffmann "Remonter la Marne" p. 261
Venant de Langres à vélo, je ne peux pour ma part rater la source de la grande rivière.
Je laisse mon vélo sur un belvédère qui domine le bassin de la Marne.
Et je pars à pied à la recherche de la source.
C'est un circuit en une dizaine d'étapes qui est proposé ici, avec à chacune d'elle un panneau explicatif (vive la pédagogie...).
Le chemin est verdoyant et calme.
Sans être spectaculaire, la falaise est étonnante en ce plat pays.




Et la Marne est là, telle une petite fontaine de n'importe où. 
"Enjambant les vignes et les vergers, je l'ai enfin trouvée au fond d'un val. Les arbres gainés de lierre y sont d'une hauteur vertigineuse. En ce mois d'octobre, les oiseaux chantaient encore..."
JP Kauffmann "Remonter la Marne" p. 261
En avril 2014 aussi...
Minuscule ruisselet sortant de terre.
Remontant sur le plateau, je casse une petite croûte. 
Contrairement à Jean-Paul Kauffmann, mon voyage continue. Je remets le cap à l'est.
Tournant le dos à Langres, là-haut perchée, je traverse Balesmes, premier village baptisé "sur Marne".
Je franchis la Marne originelle...
...qui n'est encore qu'un maigre cours d'eau.
Je roule maintenant vers une autre grande rivière  : la Saône. 
Et encore, et toujours, je circule sur ces petites routes qui font le charme de notre douce France.
De plaines en forêts de vallons en collines

Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson
Ma France


Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France


Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnait le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France


Ainsi, au fil de la route, me revient en mémoire cette chanson de Ferrat (qui fut interdite de diffusion par l'ORTF en 1969).
Tranquillement, de la Marne (Haute...) à la Saône (Haute, également...) me voici donc proche du terme de cette deuxième étape, la plus paisible peut-être.
Loin des troupeaux bêlants du panurgisme touristique (Là, je suis obligé de tenter un petit effet de ce genre...), je viens de passer une belle journée sur le vélo.
 Les arbres, bien entendu, ont accompagné mon voyage.
Les arbres boivent aux nuages...
Un seul arbre a autant de bras
Qu'une foule...
Les arbres sont des mains qui tremblent
Des mains jointes...
Je voudrais pour copain de seuil
Un seul arbre
Qu'il peigne du bout de ses feuilles
Sur le marbre
Le bout du ciel qu'il a touché
Et vers lequel j'ai tant marché...

Et La chanson de Leprest pour finir, ou presque...


Car j'y suis arrivé, à Vesoul !
Je passe devant la gare à 17H15, heure fort honnête pour avoir le temps de préparer mon casse-croûte pour demain (pas facile de trouver une épicerie...), rejoindre le même hôtel qu'en 2011, l'hôtel Ibis, réservé par l'ami Yves qui est le régional de l'étape, boire une bière en compagnie des collègues Fléchards...
Demain, 8H00, notre Flèche Vélocio démarrera devant cette gare.