1959

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vendredi 31 août 2012

Cent-vingt-deuxième sortie 2012 : Visite chez le Peintre

Pour cette dernière sortie du mois d'août 2012, je suis allé faire une petite balade au pays du Peintre Etienne Bellan. Ce n'est pas la première fois que j'évoque ici le bonhomme !
(Voir l'autre message au libellé "Etienne Bellan")
J'ai enfin pris le temps de me plonger dans les documents que m'a gentiment prêtés l'ancien élève de l'instituteur de Vendières et je suis parti cet après-midi sur les traces du maître...
J'ai repéré quelques tableaux dans ce catalogue de l'exposition qui lui rendait hommage peu de temps après sa mort en 2000 et j'ai enfourché mon vélo.
Direction : le Petit Morin.
 Bellan posa souvent son chevalet dans cette jolie vallée où pour ma part, j'adore poser mes roues !
J'ai essayé de retrouver l'ambiance paisible du décor avant de grimper une belle bosse !
Passé le hameau de Boulan, j'entre à Vendières par une petite descente.
Le village est bien calme aujourd'hui et je ne suis pas certain que M. Bellan aurait trouvé... 
...quelqu'un à qui parler (Lui qui aimait tant cela !) s'il avait choisi de peindre dans le village où il enseigna si longtemps !
C'était dans la mairie-école du "bourg" de Vendières.
Il était également le secrétaire de mairie ce qui était fréquemment le cas à l'époque dans les petites communes.

Le rû de Choisel (ou du Val) qui traverse la commune a encore de l'eau...







...quand le rû Batard , ici au hameau de Rognon (J'ai vérifié les noms sur la carte IGN.)... est à sec. Les citrouilles attendront pour la soupe.




La promenade est bucolique malgré le vent.







Certaines maisons ont un petit air d'autrefois :
On sentirait presque l'odeur des confitures qui cuisent sur le feu et des haricots verts que l'on équeute... 
Dans la vallée où je suis revenu, je me dirige vers cette ferme qui illustre un opuscule rédigé par Etienne Bellan en 1962 :
Car le peintre était aussi écrivain, et pas seulement de manuels scolaires...


Ces deux livres de souvenirs, parus dans les années 80, sont des petits moments de joie et de bonne humeur !







Voici cette ferme telle qu'on peut la voir aujourd'hui. Il y a quelques années, elle était quelque peu délabrée . Sa rénovation est une vraie réussite.
C'était un lieu où Etienne Bellan aimait peindre visiblement.
Même en hiver ?
Merci à Gérard Mary qui, grâce aux documents qu'il m'a confiés, m'a inspiré cette petite promenade (d'un autre temps ?). Il y en aura d'autres...
Mais ce n'est pas fini : Encore une petite histoire de... cycliste ! 
L'EXODE


C'est en 40 que j'ai pris mes premières vraies vacances !
Mes parents habitaient REIMS à cette époque là et moi j'étais toujours à l'E.N. de LAON. Après les vacances de Pentecôte, j'avais regagné l'école à vélo mais la ville de Laon était en pleine efferves­cence avec des soldats partout et des réfugiés belges qui se sau­vaient en voiture, en charrette ou en brouette. L'E.N. fermée, demi-tour pour retrouver mes parents, mais les gendarmes m'ont conseil­lé d'éviter Reims pour fuir vers le sud. Je n'ai pu y rentrer que trois jours après : la ville était vide. Pas un soldât, pas un civil. J'ai tra­versé tout Reims sans rencontrer ni voiture, ni vélo, ni habitant. Quelques chiens et c'est tout, qui cherchaient de la nourriture dans les poubelles. Rien n'est plus triste qu'une ville morte.
Heureusement, nous avions des amis boulangers à six kilomè­tres de là. Quand j'arrivai, ils chargeaient la voiture car ils partaient avec des voisins du côté de LYON.
«D'accord pour t'emmener, mais sans ton vélo !». Pas question, c'était ma seule richesse...
«Je vais vous suivre.
De toute façon, chargés comme on est, on n'ira pas vite - Et puis, tu pourras t'accrocher à la voiture quand tu seras fatigué. On va fermer la boutique, tu prends tout ce que tu veux...». Il ne restait plus grand'chose, quelques pains rassis et des bocaux de bonbons. Je choisis un grand bocal et y fourre tous les bonbons qui restent, peut-être cinq kilos et je l'attache sur le porte-bagages de ma bicy­clette avec une ficelle - Par précaution, je note l'adresse où je pourrai les retrouver si, par hasard, je n'arrivais pas à suivre. Les deux voitures démarrent péniblement, moi je suis allègrement. En route pour l'aventure ! Je me mets à siffler!
De temps en temps, une tête par la portière me demande si ça va
- Oh ! oui .
Quand je sens la fatigue, je croque un des bon­bons que j'ai mis en vrac dans ma poche. J'oublie que c'est la guer­re, que mes parents sont loin, que je n'ai pas un sou en poche. Je sais seulement que mes jambes de dix-huit ans tournent rond et que ce soir il fera bon manger.
Et la nuit arrive, on a déjà fait cent kilomètres. Plus que trois ou quatre cents et on est arrivé. On casse la croûte dans un bois au bord de la route et on dort dans un fossé : c'est la belle vie.
Quand je m'éveille le lendemain vers cinq heures, les amis sont déjà prêts à partir. Ils ont mal partout parce qu'ils n'ont pas dormi. Moi, je suis en pleine forme : la jeunesse, c'est ça!
«Tu suis ?
— Je suis».
Et on repart pour la deuxième étape.
Les autos démarrent lentement. J'ai envie de chanter. Mais la première voiture accélère, l'autre aussi. J'appuie sur les pédales, j'ai cent mètres de retard. Je m'accroche désespérément de tout le reste de mes forces... et les voitures disparaissent au bout de la route - Maintenant, je me sens tout seul, tout petit - Je m'arrête pour reprendre souffle et faire le point. Je sais que je vais au-delà de Lyon, que je n'ai ni chemise, ni mouchoir de rechange et pas un kopeck en poche. Heureusement, le bocal de bonbons est là ; si j'en croque un kilo par jour, je tiendrai bien le coup jusqu'à l'arrivée. Alors, en avant !
Mais au beau milieu d'un village, j'entends un bruit de verre cassé, la ficelle n'a pas résisté aux secousses des pavés - Voilà ma fortune sucrée et multicolore éparpillée sur la route ; adieu veaux, vaches, cochons, couvée... Je ramasse une poignée de bonbons que je fourre dans une poche vide. Quelques paysans s'arrêtent, qui me toisent d'un air soupçonneux. On parle beaucoup de bonbons empoisonnés dans les journaux : les espions de la cinquième colonne en distribuent aux enfants...
C'est maintenant un attroupement autour de moi ; quelqu'un parle de prévenir les gendarmes. Pas de temps à perdre, j'enfourche mon vélo et je détale à toutes pédales.

(Extrait de "Mon jour de fête" par E. Bellan, illustration de Flip)


jeudi 23 août 2012

Disposition du blog

Je viens de changer un petit peu la disposition du bandeau à gauche du blog. J'ai regroupé les sites que j'aime et que je fréquente régulièrement sous le titre "Blogs et sites que j'aime".
Il y a deux petits nouveaux :
Un site dédié au panneaux, bornes et plaques Michelin. Je ne peux qu'aimer cela...
Ensuite le blog de deux voyageurs qui font le Tour du monde sur leur Frogtandem, je raconte sur le blog 50 ans, 50 cols comment nous les avons rencontrés http://cinquantecols.blogspot.fr/2012/08/jeudi-26-juillet-les-alpes-etape-8.html

Et toujours bien sûr :
Les aventures et randonnées de l'ami Hubert ;
Les dessins de Heffe, avec une Madame Georges en pleine forme ;
L'ami Nanar a repris la "plume" pour nous raconter le Paris-Brest-Paris qu'il a effectué en randonnée permanente au mois de juillet ;
Encre violette nous narre avec tout le talent qui est le Tour de France 1962... et les autres.
Et pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, devenez membre de ce blog : c'est pas cher, c'est facile, je crois, et ça ne rapporte rien !

mardi 21 août 2012

L'Alpe d'Huez : 21 virages, 26 vainqueurs... (Troisième partie)

Troisième étape donc de ma montée des fameux 21 virages. et me voici arrivé au virage 13:


De la Tour du Pin à l'Alpe d'Huez (223 km), cette 17ème étape du Tour 1983 aurait pu être la journée des Français, enfin ! Jamais un Français n'y a encore vaincu.





Miroir du Cyclisme N° 339
Bernaudeau, que l'on voit tendre une bouteille à Winnen sur cette photo, pouvait prétendre remporter l'étape...
Miroir du Cyclisme N° 339


 Il fut battu par Winnen ! Il ne fait pas bon être échappé avec un Néerlandais à l'Alpe !



Miroir du Cyclisme N° 339







 Le maillot jaune Pascal Simon, blessé, dut abandonner lors de cette étape ce qui permit à Laurent Fignon de remporter son premier tour de France.













En 1984, arrivant de Grenoble après 151 km de course, le grimpeur Colombien Luis Herrera inscrivit son nom au palmarès.






Miroir du Cyclisme N° 356
Il fut le premier non-européen à le faire.
Miroir du Cyclisme N° 356
Laurent Fignon quant à lui remportait son duel avec Hinault et endossait le maillot jaune à l'Alpe d'Huez comme en 1983 mais pas dans les mêmes conditions.



En 1986, c'était une bien belle étape qui conduisait les coureurs de Briançon à L'Alpe d'Huez (162 km) par le Galibier et La Croix de Fer.


Miroir du Cyclisme N° 380
Dans la descente de ce dernier col, les deux équipiers, Lemond et Hinault écrasaient la concurrence et s'offraient une belle partie de manivelle.
Miroir du Cyclisme N° 380
A l'arrivée, Hinault était le premier Français à inscrire son nom au palmarès de l'Alpe. Greg Lemond sut au terme de cette dix-septième étape qu'il allait être le premier Américain à inscrire son nom sur la liste des vainqueurs du Tour de France !
Le monde du vélo 2011
Il faudra attendre 25 ans, l'an de grâce 2011, pour voir un autre Français vaincre ici. Son nom, Pierre Rolland, est aujourd'hui associé à celui de Zoetemelk au virage 16.




En 1987, la 20ème étape  se terminait à l'Alpe au terme d'un rallye de 201 km depuis Villars de Lans.





Miroir du Cyclisme N° 398
Pour la première fois, un grimpeur Espagnol gagnait au sommet de la Montagne des Hollandais : il se nommait Echave.
Gageons que si le Tour s'était arrêté dans les parages dans les années 60, l'Aigle de Tolède, Federico Bahamontès eût son nom inscrit sur un, voire plusieurs virages...



Je monte toujours... et au virage N° 9, je retrouve un Hollandais :





Miroir du Cyclisme N° 410
Stevens Rooks dans la roue du futur vainqueur de l'épreuve Pedro Delgado. C'était la 12ème étape, Morzine - l'Alpe d'Huez (227 km) et Delgado endossa le maillot ce jour-là pour ne plus le quitter.



En 1989, à l'arrivée de la 17ème étape qui venait de Briançon après 165 km de montées et de descentes...



Miroir du Cyclisme N° 422
...Gert-Jan Theunisse, maillot à pois rouge sur le dos, prouva qu'il était bien le meilleur grimpeur de ce Tour de France. Bien entendu, il était de nationalité néerlandaise. Depuis cette date, plus aucun coureur hollandais n'a remporté cette étape, pourtant les supporters de ce plat pays sont chaque année au rendez-vous sur les pentes de l'Oisans !

Encore une fois, Laurent Fignon, revenu au meilleur de sa forme endossa le Yellow Jersey, comme en 1983 et 1984. Jamais deux sans trois ? Un Américain, à Paris, vint détruire son beau rêve en jaune : Greg Lemond battit Fignon sur les Champs Elysées pour 8 petites secondes...

1990, de Saint Gervais à l'Alpe d'Huez (182 km), un Italien succéda à  Fausto Coppi sur les tablettes de l'Alpe d'Huez.




Miroir du Cyclisme N° 435
Gianni Bugno battit au sprint Greg Lemond à l'arrivée de cette 11ème étape. Paris était encore loin mais l'Américain prit déjà une option sur la victoire finale.
On peut noter la présence d'Erik Breukink à la 3ème place : un Hollandais ! Comment a-t-il pu rater la victoire ?
Miroir du Cyclisme N° 435
Plus à l'arrière, Ronan Pensec sauvait son maillot jaune pour une journée encore !



1991, c'était le début de l'ère Indurain.









Miroir du Cyclisme N° 447
Mais Bugno gagna cette courte 17ème étape (125 km) qui était partie de Gap. 
Il était le 4ème coureur à réussir le doublé à l'Alpe d'Huez.
Ce virage 5, situé au dessus du village d'Huez, rend hommage à Andy Hampsten qui remporta l'étape Sestrières - L'Alpe d'Huez (186 km). C'est le premier Américain qui gagna ici.
J'ai hélas égaré le N° 458 du Miroir du Cyclisme qui raconte ce Tour de France, donc pas de photo...


Virage 4 : 1994
Roberto Conti futt vainqueur.
Le Miroir du Cyclisme ne paraît plus depuis le printemps.
Triste fin !





En 1995, d'Aime à L'Alpe (162 km), la 10ème étape vit la révélation d'un grimpeur italien.



Un siècle de cyclisme
Marco Pantani signa un authentique exploit en réussissant le meilleur chrono de la montée (36' 50", sur la brochure "30 circuits cyclos en Oisans", c'est 37' 35" : ne chipotons pas...). 


En 1997, Pantani récidiva et devint le 5ème coureur à gagner deux fois à l'Alpe d'Huez.
On sait ce qu'il advint de ce grimpeur exceptionnel...

Le punk-ouvrier-cycliste Didier Wampas lui a rendu hommage dans la chanson "Rimini".

Les Wampas-Rimini par vodka33

Le soir quand l´Italie est triste
Elle ressemble à Rimini.
Non mais vraiment qu´est ce qui t´a pris
D´aller mourir à Rimini?

Barbe Noire t´attendait là haut
Les pirates étaient fiers de toi.
Non mais vraiment qu´est ce qui t´a pris
D´aller mourir à Rimini?
Tu allais plus haut plus vite que les autres.
J´espère que tu n´a pas raté le paradis.

Oui à coté de Rimini, même Palavas a l´air sexy
Car à côté de Rimini, la Grande Motte ressemble à Venise
Tu allais plus haut plus vite que les autres,
Oui pour toi Rimini c´est bien fini.
Tu allais plus haut plus vite que les autres,
J´espère que tu n´a pas raté le paradis.

Un jour avec tous les pirates, tu reviendras crier vengeance.
Le bandana sous les étoiles, pour réduire Rimini en cendres.

Wampas a aussi rendu hommage à Jalabert. 

Me voici arrivé au Virage 1, il échoit à Guérini, encore un Italien, vainqueur en 1999.
Attention, la montagne des Hollandais pourrait bien devenir la Montagne des Italiens qui ont vaincu L'Alpe à 7 reprises quand les Hollandais l'ont fait 8 fois...

Pour ma part, me voici sur l'avenue du Rif-Nel où est tracée traditionnellement la ligne d'arrivée. Pas de chronométrage en ce qui me concerne : de toute façon, je n'aurais pas battu le Pirate, alors... Mais personne ne m'a doublé durant ma montée ! Trop fort... Par contre en redescendant, j'ai croisé des dizaines de cyclistes qui grimpaient : des gros, des maigres, des gais, des sérieux, des "tout seuls", des en "groupe", des "en famille", des "en couple", des "en colère", des fatigués, des frimeurs, des... Certains jours, plus de 400 cyclistes font cette ascension devenue un monument du cyclisme.
Le lendemain, lundi 23 juillet, j'ai recommencé avec Lolo :