dimanche 19 février 2012

Y'a de l'espoir...

Voici quelques semaines (à la fin du mois de novembre 2011), j'avais rendu hommage à Robert Marchand lorsqu'il avait établi le record de l'heure sur home-trainer des centenaires !
Le garnement a récidivé ! Mais sur une piste cette fois et sous le contrôle de l'Union Cycliste internationale : le record est donc officiel.
24,250 km parcouru en 1 heure et sur un vélo de piste (à pignon fixe).
Chapeau bas, monsieur !
Journal "LE PARISIEN"- Samedi 18 février 2012
A l'époque, j'avais évoqué un article de Robert Chapatte dans un Miroir Sprint de 1959 (et le message que j'avais publié en février 2009 à ce propos) concernant un vieux cycliste, Jean Vittore.
En 1962, un autre article, du Miroir du cyclisme cette fois, raconte les exploit cycliste du même vieux monsieur âgé alors de 86 ans.
"TOUT   récemment,   à   l'occasion   de   la   Journée Cycliste  de   Monaco,  un petit  bonhomme  aux cheveux   blancs,   s'est   présenté   au   départ   de l'épreuve des « cyclosportifs ». Il venait, lui aussi, en collant, maillot et casquette, s'attaquer aux pénibles pentes du Mont-Agel. Les 840 mètres de dénivellation pour   12   km   500  de   parcours  ne  l'effrayaient  pas le moins du monde.

Autour de lui, on souriait, on se posait des ques­tions.
— Mais quel âge a-t-il ?
   Quatre-vingt-cinq ans...
Un peu plus tard, l' « aïeul » coupait la ligne blanche tracée sur le sol, au-dessus du golf du Mont-Age'.. Ahurissement général ! Après quelques fortes inspirations, Jean Vittore avait retrouvé souffle et sourire. La foule des spectateurs en avait oublié qu'elle s'était déplacée pour voir les champions...
1 887 : premiers coups de pédales
Jean Vittore, un pur Niçois qui a vu le ciel bleu de sa Côte d'Azur pour la première fois voici plus de quatre-vingt-cinq ans, a commencé à pédaler en 1887. Depuis, le sympathique petit bonhomme conti­nue. Et toujours avec la même admirable conviction.
Son nom ne dit sans doute rien mais il devient aussitôt beaucoup plus familier quand on sait qu'il est celui d'origine de Renée Saint-Cyr. En effet, Jean Vittore est le père de la talentueuse actrice.
Que pense celle-ci des exploits de son père ? Jean Vittore le sait bien :
—   Mais elle m'approuve, voyons ! D'ailleurs, elle-même, tous les matins, effectue le tour du  Bois de
Boulogne sur sa bicyclette à guidon de course. Et mon petit-fils,  le  metteur en   scène  Georges  I.autner,  lui aussi, est un fervent du vélo...
Et madame Vittore ?
—   C'est  mon   soigneur.- Et je  n'en   voudrais  pas d'autre !  il  faut  dire   qu'elle  est  passionnée   de  cy­clisme et connaît le palmarès de nombreux champions.
C'est donc sans doute aussi à madame Vittore que le père de Renée Saint-Cyr doit ses excellentes performances. Non seulement dans Monaco-Le Golf du Mont-Agel mais encore dans les épreuves de «gentlemen » qui se déroulent par équipes de deux, un coureur entraînant un « cyclo ». Car il faut dire qu'il les dispute toutes, celles de Nice, de Cannes, de Marseille et de Paris, où Robic a longtemps été son compagnon préféré.
Et, évidemment, Jean Vittore remporte infailli­blement sa catégorie...
Jean Vittore qui alors qu'il avait dix-huit ans (c'était en 1895), fut champion des Alpes-Maritimes et de Monaco, porte une véritable vénération à la bicyclette :
— C'est à elle, sûrement, que je dois toute ma vitalité, ma bonne santé, mon moral toujours au
beau fixe...                    ,
Et c'est vrai qu'il a toujours eu « le moral ». Alors qu'il avait soixante-dix ans, ne se présentait-il pas aux concours de chant pour amateurs ? Il y inter­prétait « Le Roi d'Ys ». Et la résonance de ses cordes vocales faisait une réelle impression sur l'audi­toire admiratif. Régulièrement...
Que l'on ne croit surtout pas que l'ascension du Mont-Agel a constitué pour lui une « fin de carrière ». Ce serait une grossière erreur.
D'ailleurs, Jean Vittore possède encore de sérieux projets sous sa casquette de toile. Et le premier est fixé au douze avril prochain, date à laquelle se dérouleront les « gentlemen » de Paris 1962.
Jean Vittore sera au départ, comme tous les ans.
Comme tous les ans, il aura effectué les mille kilomètres qui séparent Nice de la capitale... à bicy­clette.
Et, comme tous les ans, quatre jours lui auront suffi !"
Pierre  DECOURCELLES.

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