1959

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mardi 25 mai 2010

BRM 600 : le récit...

Samedi 22 mai 2010, 6h05, un groupe de 17 cyclistes s'apprête à prendre la route pour un périple de 600 km. Cela s'appelle un Brevet de Randonneurs Mondiaux.
Prêts pour le départ !
Bernard que l'on voit de dos avec son maillot rouge a dormi à la maison et nous sommes venus ensemble à Château Thierry (35 km en voiture, pas à vélo, faut pas exagérer quand même...)
Dès la sortie de Chateau Thierry, la bosse de Nesles la Montagne (avec un tel nom...), nous permet de nous mettre en jambes. Ensuite, sur le plateau briard, nous roulons à un bon rythme vers la vallée du Petit Morin où quelques chevreuils croisent notre route.
Puis c'est la plaine de Champagne et ses longues lignes droites monotones.
Enfin arrive la première pause pipi, très important la pause pipi lors de ces longues randonnées. Quand tu es seul dans un groupe organisé, tu attends ce moment avec impatience quand une envie pressante te taraude depuis des kilomètres et des kilomètres et que t'oses pas t'arrêter seul dans la campagne parce que tu risques de ne plus revoir le groupe en question: ça peut rouler vite, ces bêtes-là !
Et un groupe de 4 cyclos décide de nous fausser compagnie. Ils sont jeunes et vigoureux et ont réservé un hôtel pour passer la nuit à Venarey les Laumes, vers le 300ème km, et n'ont donc pas la même façon d'aborder ce brevet que les 13 autres cyclos dont je fais partie. Mais nos jeunes amis, s'ils ont un bon coup de pédale n'ont pas un sens de l'orientation très aiguisé... Plusieurs fois, nous les rattrapons aux carrefours, occupés qu'ils sont à déchiffrer la feuille de route remise par l'organisateur. Une autre fois nous les voyons apparaître sur une petite route à notre droite, puis c'est d'une route arrivant de gauche que nous les voyons surgir... Cela nous donne un sujet de conversation et de bonne rigolade ! Mais au fait, sont-ils bien rentrés à Château Thierry ?
L'humeur est encore badine dans le groupe (On en Reparlera dans 300KM...). Ainsi, apercevant un bonhomme qui avait arrêté sa débroussailleuse pour nous regarder passer (MEUEUEUH !), l'un de mes camardes s'écria : "Il est bizarre ton vélo !" je la ressortirai celle-là.
Si je ne peux pas m'arrêter comme je le souhaiterais pour prendre toutes les photos. Pas envie de me retrouver tout seul sur cette plaine où le vent souffle souvent de côté ! Et là pas question de demander : "On pourrait pas s'arrêter ici pour une petite photo ?"
Je parviens quand même à saisir au vol un lieu surprenant comme cette boîte de nuit (enfin, je crois) qui semble dédiée aux transports motorisés !
 
Enfin nous arrivons en fin de matinée à notre premier point de contrôle à Radonvilliers dans l'Aube. Nous faisons tamponner nos cartes de route au bistrot du coin et faisons une petite pause sandwich. Nous en profitons aussi pour revêtir des tenues plus adaptées à la température estivale.
Nous repartons et quittons "l'Autre monde" en compagnie du "groupe des 4" qui va rouler avec nous pendant quelques km.
Nous sommes tout près des Lacs réservoirs de la forêt d'Orient. Nous longeons le lac de Dienville que nous devinons  derrière les digues. Heureusement un de nos compagnons de route, qui mesure au moins...( il est très grand, il a un très, très grand vélo, avec une tige de selle, je vous dis pas...), nous décrit le lac sur lequel il y a de nombreux jet-skis. Je suis trop petit pour les prendre en photo ! Et j'ai même pas entendu leurs moteurs. Alors, il y a seulement une photo du canal d'amenée...
Et nous continuons notre route dans la vallée de l'Aube où après être passé près du parc de loisirs Nigloland à Dolancourt, nous traversons Bar sur Aube où je sors l'appareil photo pour prendre au vol...
...quelques photos d'eau !
 Et la route devient plus monotone avec ses longues lignes droites. Nous frôlons la prison de Clairvaux où nous n'avons pas envie de nous attarder. Nous apercevons au loin la Croix de Lorraine de Colombey les deux Eglises. Et nous arrivons vers 14h à Montigny sur Aube où se situe le deuxième point de contrôle. Hélas, ici point de commerce pour obtenir le coup de tampon obligatoire. Heureusement, Pascal qui a tracé le parcours pour le club cyclo de Château Thierry nous accompagne, il certifiera notre passage auprès des "autorités compétentes" !
Et, au village suivant, Veuxhaulles sur Aube nous nous arrêtons au cimetière près de l'église. Pas pour rendre hommage au cycliste inconnu ni pour brûler un cierge à Saint Sicent... Non, plus prosaïquement, pour remplir nos gourdes, nos bidons. Et oui, pour les non cyclistes, sachez que dans nos belles campagnes françaises, le cimetière est le seul endroit où l'on ets presque certain de pouvoir trouver de l'eau ! Quand il y a une fontaine dans un village, elle est généralement affublée d'un panonceau "EAU NON POTABLE". C'est vous dire si j'en ai visité des cimetières.
Aujourd'hui, je profite de l'occasion pour présenter (et saluer) quelques uns de mes compagnons de route:


Deux cyclos de Villers Cotterêts...
...deux autres de Château Thierry...
...un compagnon de route qui vient d'Eaubonne et...
...Nanard de Dammarie les Lys.
Le compte est presque bon ! Il en manque 5, ils doivent être ici... ou là... sur cette photo.
Nous avons presque parcouru 200 km et je constate à mon compteur que notre moyenne est supérieure à 26 km/h.
Nanard est encore facétieux. Je pense qu'il publiera sur son blog ma photo.
Nous avons pris une direction plus à l'est pour continuer à suivre la vallée de l'Aube. Les paysages deviennent plus chatoyants, plus vallonnés aussi. Et la quarantaine de km qui nous séparent d'Auberive vont devenir un véritable calvaire pour Bernard. Dès que la route s'élève un peu, il ne peut suivre le rythme de notre groupe mais il revient dans la descente suivante. Cela se produit plusieurs fois, je l'attends et nous rattrapons le petit peloton, une fois, deux fois... jusqu'à cette côte un peu plus longue, un peu plus pentue et nous savons que nous allons rester seuls sur cette jolie route de la vallée de l'Aube. Mais Bernard ne trouve pas cette route jolie... il a des crampes, il a des vertiges... scotché à la route. J'essaie de l'encourager mais je sais, d'expérience, qu'il préfère le silence. Alors je l'accompagne de mon mieux. Il me propose de le laisser là, qu'il va récupérer, qu'après un bon repos, peut-être... Je l'accompagne jusqu'à Auberive au Km 223 près de la source de l'Aube  où il m'annonce qu'il abandonne et qu'il va téléphoner chez lui pour qu'on vienne le chercher.
Les trois photos suivantes, je te les dédie, Nanard. Pas pour te donner des regrets, pour te donner envie de revenir...
 
Bernard sait que j'aime photographier les arbres et il me signale celui-ci que j'ai pris  le temps de photographier.
A Auberive, il y a cette abbaye construite à l'initiative de Saint... Bernard.
L'Aube à  proximité de sa source.
Je suis seul maintenant, résigné à parcourir plus de 450 km tout seul. Pas grave, je pensais faire les 600 km en solitaire, alors... J'en profite pour prendre quelques photos comme celle-ci qui pourrait être un hommage à un boulanger de La Ferté Gaucher...
...ou celle-là, rare de nos jours une épicerie de campagne, à vendre au demeurant ! Je viens de traverser non pas un coin de la France qui gagne, ni de la France qui perd. Ici c'est plutôt la France perdue ! Jolie, calme, paisible... Quelque chose qui ressemble à une affiche électorale qui parlerait de  Force tranquille, sortie tout droit de l'esprit d'un vieux politicien roublard...
A Is sur Tille (La Tille est une petite rivière qui se jette dans la Saône, qui se jette dans le Rhône qui se jette dans la Mer Mé-mé-mé-diterranée, ohé ! ohé!. Je viens donc de franchir, sans en avoir l'air, subrepticement, la ligne de partage des eaux entre la Manche et la Méditerranée.), je fais tamponner ma carte chez M. Coquet, vélociste dans cette petite ville que je ne peux même pas qualifier de coquette... je n'en ai presque rien vu de cette ville car alors que je prenais cette photo...
... surgit le groupe que j'accompagnais quelques km auparavant. Ils sont surpris de me voir seul, me demandent des nouvelles de notre compagnon.
J'avais prévu de faire une pause casse-croûte à Is sur Tille mais je change mes plans et decide de reprendre ma place dans le groupe. Je mangerai plus tard, à la prochaine ville contrôle: Venarey les Laumes à plus de 70 km. Pour la nourriture, je puiserai dans mes petites réserves: barres de nougat, de pâtes de fruits.
A la sortie d'Is sur Tille, sur la route de Dijon, deux cyclos de Frépillon et un troisième de Fontainebleau prennent le large à  la faveur d'une côte. Nous rattraperons  les deux premiers quelques kilomètres plus loin, l'un d'entre eux ayant cassé sa chaîne ! Il réparera et nous rattrapera à la ville étape suivante avant de gagner un camping où ils sont attendus pour la nuit.
Puis c'est au tour d'un de mes compagnons d'être victime d'une crevaison. Et la solidarité joue à plein...
Pour ma part, je suis ravi de cette halte de quelques minutes qui me permet de sortir de ma sacoche arrière un des sandwichs que j'avais prévu pour la nuit car je commence à avoir faim : "Entrecôte, entrecôte !" c'est le mot qui résonne dans ma tête...
Mais d'entrecôte, point ! Par contre, après Val Suzon, il y a une belle côte au menu.
Mais ensuite, c'est un bonheur de rouler vers Venarey les Laumes sur une belle route en légère descente avec la voie ferrée à notre gauche et des collines, parfois couronnées d'éoliennes géantes, à droite.
A ce point de contrôle, au KM 333, point d'entrecôte non plus. En effet, nous nous arrêtons au premier établissement sur notre route, où nous commandons une assiette Kebab-frites. C'est une première pour moi !
Mais avant de passer à table je change de cuissard et de maillot de corps (C'est un petit truc pour éviter les coups de froid et de mariner dans son jus... conseil au néophytes !)
Je m'attendais à un plat gras et difficile à digérer et bien pas du tout, c'était très bon !  Et cela ne m'est pas resté sur l'estomac toute la nuit !
La nuit justement, il faut nous y préparer et dans notre groupe de 9 (Le boulanger de Fontainebleau nous a sagement attendu dans la longue côte de Val Suzon plutôt que de continuer seul, il faut dire qu'il a travaillé avant de prendre le départ de ce BRM ! Il n'a donc presque pas dormi la nuit précédente...), tout le monde semble décidé à rouler toute la nuit sans s'arrêter, sauf grosse fatigue bien sûr.
Me voilà prêt pour la route de nuit.
J'avoue que j'adore ces moments, seul ou en petit groupe sur la route. Le silence, la lune, les étoiles et la route, la route.
En plus cette nuit, je n'aurai pas à m'arrêter à chaque carrefour afin de scruter la carte ou pour vérifier les panneaux indicateurs, Pascal qui a tracé le circuit, a été notre guide efficace. Il n'y aura qu'un seul faux-pas, à Montbard où nous fûmes obligés de passer sous les voies de chemin de fer par le tunnel réservé aux voyageurs. Pas facile de porter le vélo en descendant ou remontant les marches...
Au milieu de la nuit, à Tonnerre, les 400 premiers km sont derrière nous, nous avons pointé notre carte en indiquant notre heure de passage.
Arrêt d'une demi-heure environ: certains essaient de dormir un peu, d'autres mangent. Moi, j'essaie de réparer mon super phare Bush et Muller tout neuf et qui ne fonctionne pas, qui n'a pas du tout fonctionné cette nuit alors qu'après son montage jeudi, il semblait bien marcher. Heureusement j'avais une autre lampe (Autre conseil aux néophytes: prévoir un double éclairage !).
La prochaine étape à Pont sur Yonne est distante de 95 km par les vallées de l'Armançon et de l'Yonne.
Vers 4h du matin, le groupe s'arrête à la demande de certains qui souhaitent se reposer un peu. (Le cyclo d'Eaubonne s'est arrêté quelques km auparavant pour dormir une paire d'heures, sur un banc ? dans un fossé ? un abribus ? sur la pelouse d'un stade ? N'importe où !).
Nous sommes à Migennes et nous nous allongeons sur une pelouse près d'un parking. J'en profite pour manger un nouveau sandwich et je m'assoupis un peu. Quand nous repartons, il fait un peu plus froid et j'enfile un coupe-vent sous mon gilet fluo. (Allez, encore un petit conseil : ne pas hésiter à garder un dernier vêtement pour la fraîcheur du petit matin. J'ai également dans la sacoche un petit sac de couchage qui m'a déjà servi. )
 
Au petit matin, nous sommes à Pont sur Yonne où nous prenons un copieux petit déjeuner au baroque café après avoir dévalisé la viennoiserie du boulanger du coin. Il nous reste une centaine de kilomètres à travers la Brie. Nous roulons bien jusqu'à Provins par des petites routes agréables. Mais jusqu'à La Ferté Gaucher, la route en tôle ondulée et la circulation automobile transforme ce tronçon du parcours en épreuve redoutable.
Aussi est-ce avec plaisir que nous faisons un arrêt chez moi où Laurence nous offre quelques en-cas salés (C'est ce qui fait le plus plaisir et qui passe le mieux à ce moment de la randonnée, nous avons presque 570 km dans les guiboles !) et quelques boissons fraîches. Mais non, les Seine et Marnais ne sont pas tous des automobilistes atrabilaires !
 Nous reprenons la route un peu ragaillardis mais... la route, les routes de Seine et Marne et de l'Aisne sont vraiment..."POURRIES" (c'est le seul mot qui me vient à l'esprit, mais j'aurai certainement l'occasion d'y revenir sur ce blog !)... et il nous tarde de rentrer !
Mais après la crevaison du boulanger de Fontainebleau dans la descente de Verdelot...

...c'est avec plaisir que nous retrouvons la piste cyclable de Château Thierry en direction de la gare où le club organisateur nous offre le pot de l'amitié au café "Le terminus"... le bien nommé.
Il est 13h30 ce dimanche de Pentecôte. Nous avons réalisé ce brevet en 30h et 25 mn. pour ma part, j'ai passé 25h et 55mn sur le vélo, ce qui fait une moyenne "de route" de 24 km/h environ. Les conditions météo étaient idéales. Le parcours fort bien tracé et mes compagnons de route fort agréables.Qu'ils soient remerciés ici pour les bons moments que nous avons partagés.
Je reviendrai à Château Thierry !

lundi 24 mai 2010

BRM 600km

Je suis parti de Château Thierry samedi à 6h05 en compagnie de 17 autres cyclos et j'y suis revenu à 13h30 dimanche. Ce fut une très belle randonnée. Je publierai les jours prochains le récit et quelques photos de cette "ballade".
Et mon joli phare tout neuf n'a pas fonctionné... Ne serais-je pas un si formidable bricoleur que je le croyais ?
J'avais tout vérifié pourtant. Il était prêt mon vélo.

J'avais même testé mon beau phare tout neuf jeudi soir sur la route de Saint Mars en Brie jeudi vers 23h ! J'en étais très content ...
Heureusement, j'avais prévu un double éclairage et j'ai roulé dans la nuit de samedi à dimanche à la lueur d'une bonne vieille lampe à pile !

jeudi 20 mai 2010

Rouler la nuit !

Ce prochain week-end de Pentecôte, je reprends la route pour un Brevet de Randonneurs Mondiaux de 600 Km. Départ samedi à 6h00 de Château-Thierry et retour dimanche dans l'après-midi sans doute. Cette randonnée est pré-qualificative pour le Paris Brest Paris 2011 et sera un excellent entraînement en vue du Bordeaux Paris de juin 2010. Cette grande promenade me mènera, mais j'espère bien rouler dans un petit groupe sympa... vers Dijon avec un retour par Sens : de la Champagne à la Bourgogne ! Beau programme... mais pas question de picoler, plutôt pédaler !
Comme je vais devoir rouler la nuit, une première avec mon "nouveau" vélo, je me suis acheté un phare tout neuf pour aller avec le moyeu dynamo de ma roue avant.
Le moyeu dynamo Shimano et le phare Bush et Muller       
(Que des bons produits français...) 

Mais pour fixer ce phare sur le porte-bagage avant, il m'a fallu bricoler un peu. Qui c'est qu' a dit que j'étais pas  bricoleur ????
Un équerre de chaise m'a servi de patte de fixation et le tour était joué.
Le phare est un peu en porte-à-faux mais sur la photo il manque la sacoche de guidon.



Double éclairage donc, à l'avant comme à l'arrière ! Plus une petite lampe fontale (merci Arnoldo...) et le gilet fluo : je vais être un vrai sapin de Noël durant la nuit de samedi à dimanche ! En plus, de la sacoche de guidon, je vais monter la paire de sacoches arrière.

Quand je suis lancé, rien ne m'arrête ! Alors, j'ai changé les deux pneus ! et j'ai soigneusement nettoyé le vélo !
Ce soir, à la nuit tombée, je vais aller faire un petit essai de tout cet attirail...

mercredi 19 mai 2010

Les chroniques d'Antoine Blondin (1)


Depuis un an environ mon livre de chevet s'intitule "Tours de France", c'est le recueil de toutes les chroniques qu'Antoine Blondin écrivit dans L'Equipe entre 1954 et 1982 (Editions de La table ronde).  il y a là 524 petits textes contant le Tour de France d'une façon assez vagabonde.
L'autre jour, je lisais la chronique du 6 juillet 1966 que Blondin écrivit à Bayonne. Il y est question d'une grève des coureurs au départ de Bordeaux à propos de DOPAGE (à l'époque on disait "DOPING"). Mais ce n'est pas cela qui retint mon attention mais  l'anecdote que narre le chroniqueur au début :

LA GREVE SUR L'ETAPE
BAYONNE. — Le diapason fut donné par la présence insolite d'un remarquable squatter au milieu du peloton. Il accompagna les coureurs durant une demi-douzaine de kilomètres, se donnant littéralement l'illusion de vivre la course par l'intérieur. Ferdinand Bracke, avec lequel il avait troqué son béret basque contre une casquette, lui frayait un passage opportun, lui emmenait de petits sprints farouches, le poussait éventuellement comme s'il se fût agi d'un fétiche à conserver au frais. L'homme, qui trimbalait un cageot d'on ne sait quoi sur son porte-bagages, avait le dos de l'ancêtre et le visage de l'enfant. Des pinces « à bicyclette » jugulant des pantalons flottants, la voussure gothique d'une échine fourbue, la mèche grise, tout lui donnait l'aspect d'un de ces cyclistes-paysagistes comme il en fourmille sur les bords de la route. Mais les yeux admirables étaient d'un évadé. Par instants, comme pour payer un tribut que nous n'exigions pas, il tentait un petit équilibre rassurant qui le projetait une jambe en l'air au milieu de ses nouveaux amis. On eût dit d'un mobile de Calder, tant sa fragilité était sujette aux vents, je songeais aux centaines de milliers de petits garçons qui eussent voulu se trouver à la place de ce très jeune vieux monsieur, de ce funambule exquis.



A Talence, il disparut sans laisser d'autre trace que l'empreinte en creux d'un talon léger. Son mystérieux cageot lui-même avait voltigé en mille copeaux…"

Et je me rappelai de cette photo aperçut dans un vieux Miroir Sprint : Ferdinand Bracke et le cycliste anonyme.



Cela me fait me souvenir d'un matin de juillet 1977. Je venais d'apprendre que j'avais raté mon Bac... Nous étions partis assister au départ d'une étape du Tour de France à Lorient avec mes copains Yvon et Hugues. Et si nous avions réussi à nous glisser parmi les voitures des directeurs sportifs, jamais nous n'intégrâmes le peloton car nous fûmes arrêtés avant par les motards de la gendarmerie. Alors nous suivîmes la course à distance. Hugues portait le maillot jaune de son club et beaucoup de spectateurs crurent que le maillot jaune était déjà lâché !
"Thurau est largué ! Thurau est largué !" entendions-nous à notre passage... Peut-être y-a-t-il dans les archives  de "Ouest France", de "La liberté du Morbihan" ou du "Télégramme de Brest" une photo de notre "aventure" ?

En tout cas, la photo ici présentée est parue dans le Miroir Sprint N° 1047 B du 30 juin 1966.
De grèves et de "doping", j'aurai l'occasion de reparler...

dimanche 16 mai 2010

Avec quelques jours de retard, mon Canard Enchaîné...

Il serait question de supprimer l'éclairage des autoroutes. C'est le genre de petit dessin qui me fait beaucoup rire...
Et en prime une petite phrase de "L'album de la comtesse" !
Ayant tardé, éméché, DSK présente son plan à la Grèce.
...et une autre:
Benoît XVI et les bus.
Fastoche, non ? (de toute façon, je ne donne pas les réponses)

samedi 15 mai 2010

Je viens d'ajouter un diaporama sur la droite de ce blog, un gadget de plus... "Tombez dans le panneau" est un album (qui n'est pas encore terminé...) qui reprend les photos de panneaux, rigolos, vieux, appelés à disparaître, anachroniques... que j'ai photographiés depuis plus d'un an.
On peut mieux "admirer" les deux diaporamas de ce blog : en cliquant dessus, ils apparaissent en plus grand format.

Retour au DER !

C'est la deuxième fois en une semaine que je prends le chemin du DER. Avec l'ami Pascal cette fois ! Et en une seule journée...
En effet, nous préparons Bordeaux Paris randonneurs (Dans 6 semaines, nous y serons !) et il faut commencer à attaquer les grandes distances. Ce vendredi 14 mai, nous avons donc décidé de faire cette randonnée de 270 kilomètres vers le lac du Der.  
                                         
Partis à 6h50 de Neuvy, dans la Marne (Lolo m'y  a conduit en voiture avant d'aller...travailler), sous un ciel gris et par une température de 7° (C'est pas mal pour un mois de novembre...), nous avons réussi à éviter la pluie mais que cette journée fut fraîche !
Ce fut l'occasion de faire le tour du lac par la piste cyclable qui déroule ses 35 km sur les digues et à travers les bois... Superbe ballade !
Et bonne occasion de reprendre mon petit cours... déformation professionnelle ?
Donc l'eau de la Marne arrive par ce canal d'amenée qui commence à Saint Dizier, tout au fond là-bas à une dizaine de kilomètres. (On peut suire la digue le long de ce canal à  vélo ou à pied.)
Derrière ce barrage, c'est le lac...
...qui en ce moment, est bien rempli !
Dans quelques semaines, ce canal de restitution (Quelque part au fond, là-bas, il y a Vitry le François.) permettra de compléter le cours de la Marne et de vider le lac.
Cette prouesse technique a permis de réaliser au coeur de la Champagne une petite mer intérieure.
L'église de Champaubert, sauvée des eaux contrairement au village du même nom !
La plus grande "station balnéaire" du lac se trouve à Giffaumont Champaubert et ce n'est pas, à mon avis, l'endroit le plus intéressant du site...

Même si les cyclistes y trouvent de quoi reprendre des forces !
Après quelques minutes à la terrasse de cet établissement, nous avons avons trouvé refuge à l'intérieur pour nous restaurer, il faisait vraiment trop froid dehors.

Et nous sommes rentrés tranquillement à Neuvy. Comme toute nos grandes rando, nous avons donnée un nom à celle-ci : Les brochets du DER (Allez savoir pourquoi ?).